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Les personnes illustres

Henri de Toulouse-Lautrec

Henri de Toulouse-Lautrec naît le 24 novembre 1864 à Albi dans la demeure familiale de l'hôtel du Bosc. Pendant son enfance, le petit aristocrate albigeois se livre aux passe-temps de son rang : le cheval, la chasse, le dessin.

En 1878, puis en 1879 , deux fractures des jambes, dues à la maladie osseuse congénitale dont il est atteint, arrêtent définitivement sa croissance et le rendent infirme. Ce qui n'était qu'un loisir devient une passion : il dessine et peint, et ne lâchera plus crayon ni pinceau. Souhaitant progresser dans son art, il entre dans l'atelier de Bonnat, puis de Cormon à Paris.

Cependant, s'éloignant rapidement de tout académisme, il trouve ses thèmes de prédilection à Montmartre où il fréquente tous les lieux de plaisir et de fête. Danseuses, prostituées, acteurs et actrices deviennent ses modèles, ses figures ; Henri de Toulouse Lautrec est en effet avant tout l'un des plus remarquables portraitistes de tous les temps, et à travers le milieu marginal qui l'inspire, le témoin sensible et l'observateur sans concession de la nature humaine.

Travailleur infatigable, il se passionne également pour la lithographie et réalise des affiches, des programmes pour le théâtre. A la fin des années 1890, son goût pour l'alcool menace sa santé : à la suite d'une crise plus violente, sa mère le fait interner en février 1899 dans une clinique de Neuilly afin qu'il soit désintoxiqué. Les journaux s'emparent de cet épisode pour condamner un peu plus encore un personnage qui semblait hors normes à ses contemporains. Il meurt le 9 septembre 1901 au château de Malromé, propriété de sa mère, la comtesse Adèle de Toulouse-Lautrec. Celle-ci, avec l'aide et le soutien de Maurice Joyant, ami d'enfance du peintre, inaugure en 1922 le Musée Toulouse-Lautrec à Albi.


Jean-Jaurès

Jean Jaurès, personnage passionnant, symbole d'un socialisme fortement humaniste, reste encore présent trois générations passées dans la mémoire des tarnais. Né à Castres en 1859 dans une famille bourgeoise, Jaurès, après des études brillantes, est nommé professeur de philosophie au lycée d'Albi en 1881.

Tarnais par ses origines, sa pensée resta attachée à la terre natale qui l'inspira toute sa vie, et que de toute son âme il lui resta fidèle. Jaurès fut surtout le militant d'un socialisme d'inspiration française, dont il resta le chef quelquefois combattu, mais toujours respecté. Sa grande figure domina les luttes politiques de la III" République sur les destinées de laquelle il eut une influence certaine jusqu'au jour où il fut assassiné à la veille de la guerre de 1914.

Les mouvements sociaux qu'il soutint à Carmaux et qu'il fit triompher furent le signal d'une émancipation que le peuple des travailleurs tarnais espérait depuis que le développement industriel de notre département lui avait donné conscience du rôle qu'il devait jouer dans la vie de la nation.

Philosophe épris de justice, dont la dialectique, préoccupée avant tout de l'humain, dédaigna de se perdre dans la sècheresse doctrinale, ou les détours d'une pensée trop didactique, pour se pencher sur les grands problèmes de la misère, de la souffrance et de la paix. Jaurès fut certes un des plus grands noms de l'éloquence française. Mais on oublie, peut-être trop qu'il fût un des écrivains les plus parfaits de notre langue, et certaines pages magnifiquement vibrantes de pensée et en même temps admirables par leur perfection formelle sont dignes de figuier à côté des plus illustres dans nos anthologies.

C'est à Albi que Jaurès scellera son destin personnel en y épousant Louise Bois, fille de commerçants aisés. En 1884, il est élu député du Tarn sous l'étiquette républicaine, et en 1889, député de Carmaux sous l'étiquette du parti ouvrier français. Mais en 1898, la virulente campagne menée par les troupes du grand patron de la Mine de charbon, le marquis de Solages porte ses fruits et Jaurès est battu. Durant ces interruptions de mandat, Jaurès ne reste pas inactif. Il passe sa thèse en Sorbonne qui résume toute sa philosophie "De la réalité du monde sensible". Puis il écrit sa monumentale "Histoire Socialiste de la Révolution Française".

La Verriere ouvrière ou le syndicalisme agissant
Lors d'une grève des verriers de Carmaux, dont le patron Rességuier entend bien profiter pour museler le mouvement syndical, Jaurès intervient pour concilier les deux partis. C'est un échec : des incidents graves éclatent, la troupe intervient. Jaurès suggère alors la création d'une autre verrerie sous la forme d'une coopérative ouvrière. C'est finalement à Albi que sera construite la Verrerie ouvrière, des propres mains des verriers licenciés.


Jean-François de Galaup de Lapérouse

Jean-François de Galaup de Lapérouse est né à Albi le 23 août 1741 au château du Gô sur une terre tarnaise déjà riche en marins.

Encouragé par l'un de ses parents, le marquis Clément de la Jonquière, il trouve définitivement sa vocation à l'âge de 15 ans en devenant Garde de la Marine à Brest. Commence alors l'extraordinaire aventure de cet Albigeois qui pendant sa scolarité à Brest, se voit engagé dès l'âge de 17 ans dans des conflits maritimes avec l'Angleterre sur les côtes Nord Est de l'Amérique, notamment à Terre-Neuve et sur le Saint Laurent, ainsi qu'aux Antilles .

A 18 ans il est blessé et fait prisonnier pendant la bataille des Cardinaux, près de Quiberon, entre le Marèchal de Conflans et l'Amiral Hawke. Après d'autres activités sur les côtes françaises il effectue un séjour de 5 ans à l'ile Maurice (Ile de France) comprenant des missions dans les îles voisines. Il est chargé de deux voyages aux Indes comme commandant de la "Seine" . Il y rencontre aussi sa future femme : Eléonore Broudou.

Rentré en France en 1777 Il est nommé Lieutenant de Vaisseau et obtient la Croix de Saint Louis pour avoir sauvé MAHE des assaillants indiens. Puis il participe à nouveau à la confrontation avec les anglais à l'occasion de l'émancipation des colonies anglaises d'Amérique dans des combats depuis les Antilles jusqu'au Labrador (expédition de la Baie d'Hudson, où il démontre sa valeur maritime et militaire, mais aussi son respect de l'ennemi). Nommé Capitaine de Vaisseau à 39 ans pendant cette guerre pour sa brillante conduite, il épouse Eléonore Broudou en 1783 malgré les objections paternelles, et l'installe à Albi dans une maison achetée rue de l'Ecole Mage. Aprés la paix de Versailles il est choisi par le Ministre de la Marine de Castries et par Louis XVI pour diriger une expédition autour du monde visant à compléter les découvertes du capitaine Cook.Celle-ci quitte Brest en Août 1785.

Les objectifs étaient nombreux, géographiques, scientifiques, éthnologiques, économiques (prospection des possibilités de chasse à la baleine ou de collecte de fourrures), mais aussi politiques avec l'établissement éventuel de bases françaises ou de coopération coloniale avec les alliés espagnols (Philippines). C'est en somme un programme d'exploration planétaire dans le Pacifique Nord et Sud, y compris les côtes d'Extrême Orient et de l'Australie qui lui fut proposé. Les résultats de l'expédition furent transmis par courrier dans les ports d'escales ayant des liaisons avec les pays européens. Barthélémy De Lesseps, oncle du constructeur du Canal de Suez, interprète de russe débarquant à Pétropavlosk au Kamchatka, quitte l'expédition et traverse toute la Sibérie pour ramener par voie de terre les études et dessins déjà réalisés. Ses dernières nouvelles de l'expédition Lapérouse furent confiées aux anglais à Botany Bay (Australie) au début de 1788.

Il est prouvé aujourd'hui que Lapérouse fut l'un des découvreurs de la côte occidentale de Nouvelle Calédonie, avant de voguer vers son tragique destin à Vanikoro (Iles Salomon).


Henri Paschal de Rochegude

Né à Albi le 18 décembre 1741. Marin, homme politique, et enfin homme de lettres et érudit. Il entra à l'Ecole des gardes de la marine en 1758. La Pérouse y était rentré en 1756.

Pendant la guerre de l'Indépendance américaine en 1778, il lutta avec la Hollande et l'Espagne contre l'Angleterre et prit part à la bataille d'Ouessant. Il passa plusieurs années dans la mer des Antilles et à Saint-Domingue; mais, en 1787, désabusé et lassé par l'indiscipline qui régnait à cette époque, il se retira avec le grade de capitaine de vaisseau. Il devait être nommé plus tard contre-amiral.

En face de la Révolution Rochegude, déjà rompu aux études philosophiques et sociales, admirateur de Voltaire et de Rousseau, se rallia aux idées nouvelles. Il fit partie des Etats généraux, fut élu maire d'Albi et, par la suite à la Convention et au Conseil des Cinq-Cents. Il ne vota pas la mort du roi, mais sa détention et le bannissement à la paix.

Rochegude se retira définitivement à Albi en 1799, à l'âge de 58 ans. A partir de ce moment, il se livra exclusivement aux études scientifiques et surtout littéraires. Il étudia spécialement la langue et la littérature du Moyen Age, et en particulier les œuvres des troubadours "Le Parnasse occitanien" et "l'Essai d'un glossaire occitanien" sont des monuments d'érudition clairvoyante et raisonnée. Il continua jusqu'au dernier jour ses études, mais il consacra pendant les dernières années de sa vie plus de temps à la méditation, à la retraite et à la charité. Il fit de la ville d'Albi son héritière universelle, et mourut en 1834 à l'âge de 93 ans. Il lui légua son hôtel, sa bibliothèque et ses propriétés. Il voulut être enterré dans le cimetière de l'hôpital, sous une pierre anonyme. La trace même en est aujourd'hui perdue.


Antoinette de Salvan de Saliès

Femme poète française, née à Albi en 1638, morte dans la même ville en 1730. Devenue veuve d'Antoine de Fonvielle, seigneur de Salies, viguier d'Albi, lorsqu'elle était encore dans tout l'éclat de sa beauté (1672), Antoinette refusa de se remarier pour se consacrer tout entière au culte de la poésie et à l'éducation de ses enfants.

Loin de brûler d'une flamme volage comme d'autres poétesses de ses rivales, Antoinette observe toujours cette étroite union des vertus privées, et celles que l'esprit fait naître avec le talent. Un siècle plus tard, Antoinette Salvan de Saliès releva la tradition des lettres tarnaises. En se nommant avec trop de modestie "une pauvre muse albigeoise", elle voulut affirmer avant tout son attachement au pays natal, qu'elle célébra avec amour dans toutes ses oeuvres. Elle était, nous dit-on, beaucoup plus dans la lignée de la sage La Fayette et de la sérieuse Sévigné, qui furent ses contemporaines.

Elle fonda "l'Académie de Bonne Foi", qui tenait ses assises dans son château de Saliès, dont elle fit avec succès un centre des grâces et de la distinction. Elle publia un roman historique: "Les princesses de Bavière: Isabelle et Marguerite" ; par la suite, "La Comtesse d'Isembourg, princesse de Hohenzollern", les "Réflexions chrétiennes" et collabora pendant de nombreuses années au "Mercure Galant".

A l'exemple des précieuses du siècle de Louis XIV, se tiennent chez elle des assemblées où l'on discourt de la science, de la littérature et des arts. Elle écrivit des Paraphrases sur les psaumes de la pénitence, diverses Lettres et Poésies, imprimées en grande partie dans la Nouvelle Pandore ou les Femmes illustres du règne de Louis le Grand ; enfin, la Comtesse d'Isembourg (1678 in-12), roman historique qui a été traduit en plusieurs langues.

Mme de Salies, qui devint, en 1689, membre de l'Académie des Ricovrati de Padoue, essaya, en 1704, de former une société littéraire qui se réunissait une fois par semaine dans sa maison, et prenait le titre de Société des chevaliers et chevalières de la Bonne-Foi. Le premier statut de cette compagnie, qui disparut avec sa fondatrice, était celui-ci : Une amitié tendre et sincère,
Plus douce mille fois que l'amoureuse loi,
Doit être le lien, l'aimable caractère
Des chevaliers de Bonne-Foi.


Elle s'éteignit à l'âge de 92 ans, aïeule respectée et auteur encore admiré.


Georges Pompidou

Georges Pompidou a fait toutes ses études à Albi où ses parents étaient instituteurs puis professeurs. La famille habitait rue de Ciron.

Elève brillant, il obtint le premier prix de version grecque au Concours général en 1927, alors qu'il était élève au lycée Lapèrouse. Normale sup. et l'agrégation de lettres, à laquelle il est reçu premier, lui ouvrent une carrière politique brillante.

Chef de cabinet du général De Gaulle, puis son premier ministre avant de devenir président de la République, il garde des liens avec la ville de sa jeunesse et le lycée Lapérouse auxquels il rendait régulièrement visite.