Ville d'Albi
Accueil > Patrimoine mondial > Patrimoine > La cathédrale Sainte-Cécile

Patrimoine mondial

patrimoine

Elue référente : Marie-Louise At


Tourisme et Patrimoine

05 63 49 14 22

Mairie d'Albi

16, rue de l'hôtel de ville

81023 Albi Cedex 09


La cathédrale Sainte-Cécile

Prestance et splendeur

Sainte Cécile, plus grande cathédrale de briques au monde, s'apparente, par sa forme et la simplicité de ses lignes, aux églises gothiques du Midi toulousain, mais elle les surpasse par son ampleur et l'élan de ses contreforts, harmonieusement arrondis et répartis.

Côté sud, son allure de forteresse est tempérée par la porte de Dominique de Florence (v. 1400) et par le porche ou "baldaquin" (v. 1530), chef-d'oeuvre du gothique.

On aperçoit bien la surélévation des murs et des contreforts (7m) réalisée, au milieu du XIXe siècle, par César Daly, contemporain de Viollet-le-Duc.

À la même époque, on dégagea largement la cathédrale des maisons qui l'enserraient.

Son édification totale a duré deux siècles, de 1282 à 1480.

Elle constitue le bâtiment en brique le plus grand du monde et reste une des cathédrales les plus visitées de France.
Ses dimensions extérieures sont : L. : 113m, I. : 35m, H. : 40m.


Chef d'oeuvre du gothique méridionnal

Sainte Cécile offre un stupéfiant contraste entre la rigueur extérieure de son architecture défensive et la richesse intérieure d'une somptueuse décoration.

Témoignage de foi chrétienne après l'hérésie cathare, cette cathédrale forteresse est un chef d'oeuvre du gothique méridional. Il s'agit d'un véritable château qui devint une arme dissuasive dans le système défensif de la ville.

A l'extérieur, l'édifice s'est enrichi (vers 1392) de la porte Dominique de Florence, d'un clocher donjon de 78 m de haut terminé (en 1492) peu après la consécration de la cathédrale (1480), et du baldaquin de la porte d'entrée (1515-1540).

L'intérieur du monument marque une rupture avec l'aspect massif de l'extérieur. On pense généralement que ce sont des artistes flamands, inconnus, qui réalisèrent la gigantesque peinture murale du Jugement Dernier (1475-1480). Au même moment, des artistes français sculptent en gothique flamboyant le jubé et la clôture du choeur (1475-1484). Cet ensemble de pierre est orné d'une magnifique statuaire polychrome, témoignage unique par son importance et sa qualité de la sculpture française du XVème siècle.

Les fresques de la voûte forment l'ensemble de peinture italienne de la Renaissance le plus vaste (97 m de long sur 28 m de large) et le plus ancien de France (1509-1513).

Parmi les autres richesses de la cathèdrale, on trouve un bel orgue classique français (1736).


La statuaire

La statuaire de Ste Cécile forme un ensemble considérable, peut-être le plus important de la sculpture française de la fin du Moyen Age :

- 87 statues à la façade externe du jubé
- 33 personnages de l'Ancien Testament au pourtour du choeur
- 15 statues figurant l'Eglise à l'intérieur : (12 apôtres, la Vierge, St Jean-Baptiste et St Paul)
- 72 statues d'anges, Charlemagne et l'Empereur Constantin dominant les deux portes d'entrée de la clôture.

L'ensemble des statues a conservé leur polychromie d'origine. La couleur tend au naturalisme, chevelures, attitudes et costumes sont d'une variété admirable. Le style des barbes des visages, des drapés permet de distinguer trois familles qui pourraient être liées à l'art des grands imagiers français de la fin du XVème siècle : Antoine Le Moiturier et Michel Colombe.


L'orgue

Albi possède dans sa cathédrale un orgue qui se range parmi les plus beaux de France. Son buffet, dû au talent de Christophe Moucherel (1734-1736), suscite l'admiration des connaisseurs par ses dimensions hors du commun.

Cet instrument sera ensuite remanié par plusieurs facteurs d'orgues

François et Jean-François l'Epine ajoute un jeux d'anches en 1747. Joseph Isnard ajoute un cinquième clavier (clavier de Bombarde ). Celui-ci reçoit une batterie de jeux d'anches et d'un cornet de cinq rangs, travaux effectués en 1778-1779
Antoine Peyroulous effectue, en 1825, une nouvelle répartition de certains jeux permettant des effets de nuance entre les différents claviers. L'orgue subit ensuite une "mise-au-goût du jour" à l'époque romantique.
Il perd alors son caractère d'origine.

A partir de 1950, son état de fonctionnement est préoccupant . Après plusieurs années de réflexion qui ont permis de découvrir l'origine ancienne du matériel (tuyauterie en particulier), la décision est prise de restaurer l'orgue et non de le reconstruire .

En 1977, Bartoloméo Formentelli est désigné pour assurer cette restauration qui va consister à reconstruire l'instrument de Moucherel en y intégrant les modifications de l'Epine, Isnard et Peyroulous. L'inauguration a lieu en 1981 .

Durant l'été 1996, B. Formentelli a effectué un grand relevage : démontage, dépoussiérage, accord général et ajout de la seconde flûte de pédale . Avec ses cinq claviers ( de bas en haut, on trouve positif, grand-orgue, bombarde, récit, écho ), cet instrument est une mécanique complexe et fragile qui demande des soins attentifs et constants .


Les voûtes

Louis II d'Amboise a confié l'ornementation du plafond de Sainte Cécile à des peintres italiens originaires de Modène et de Bologne. Ceux-ci ont entrepris ce chantier entre 1509 et 1512.

Les fresques de la voûte (1509-1512), riches en couleurs et aux dimensions exceptionnelles (97m de long sur 28 m de large) forment l'ensemble de la peinture renaissance italienne le plus vaste et le plus ancien de France.

Ce bleu profond qui tapisse les voûtes au dessus du chœur est ce fameux "bleu de France" qu'on dit aussi "bleu-roi". Contrairement à ce qui a longtemps été mentionné dans les guides touristiques, ce bleu ne provient pas du pastel (plante tinctoriale donnant une couleur bleue cultivée dans la region à la même époque). En effet à l'époque, le bleu de pastel n'était exploité que pour la teinture, car on ne savait pas en extraire les pigments et les utiliser sous forme de peinture. Lors de prélèvements au niveau de la voûte de la nef, on a pu établir que cette couleur avait été obtenue à base de lapis lazuli et d'oxyde de cuivre ; c'est sans doute le choix de matériaux de qualité qui explique le très bon état de conservation de la voûte.

Les voûtes de la cathédrale sont conçues comme un ciel immense et bleu, sur lequel se développe un décor de rinceaux, d'arabesques, de candélabres, cadre de scènes au contenu pastoral.

Depuis le thème d'Adam et Eve, jusqu'à l'Annonciation, sont représentés tous les personnages importants de l'Ancien et du Nouveau Testament, dans une ordonnance qui culmine avec le Christ en majesté. Deux travées mettent en image Sainte-Cécile, patronne du lieu.


Sainte-Cécile

La digne patronne de la musique ne veille sur Albi que depuis le XIIIème siècle. En effet, antérieurement au voyage d'un noble tarnais en Terre romaine et de son retour chargé de reliques, la cathédrale d'Albi se nommait cathédrale Ste Croix.

Martyre à Rome vers 232, son culte est ancien mais semble aussi légendaire que populaire. Sous le règne du Pape Urbain, Sainte Cécile aurait été mariée malgré elle à Valérien, qu'elle convertit le jour de ses noces.

Disciples chrétiens à une époque où affirmer cette croyance était puni de mort, Cécile, Valérien, et son frère, furent condamnés à être décapités. Frappée de trois coups de hache par le bourreau, Cécile fut laissée pour morte.
Elle agonisa trois jours, durant lesquels elle ne cessa de chanter les louanges de son Seigneur.
Les musiciens en firent de ce fait leur sainte patronne.


Le jugement dernier

A la fin du XVe siècle,les murs de la cathédrale se parent de couleurs avec la réalisation du Jugement dernier,le plus important de France par son ampleur : 300 m2 !

Spectaculaire, majestueux, magnifique : le chef d'oeuvre peint à la fin du XVe siècle sous le règne de l'évêque Louis Ier d'Amboise, ne manque pas de qualificatifs élogieux, qui lui valent d'être mentionné à plusieurs reprises dans le dossier de candidature de la Cité épiscopale au classement au patrimoine mondial de l'UNESCO.

Malgré l'absence de sa partie centrale,détruite à la fin du XVIIe siècle où le Christ apparaissait en gloire,le Jugement dernier conserve une étonnante fraîcheur picturale. Il y a plus de cinq siècles, avant que la voûte ne soit ornée de ses somptueuses peintures, le fidèle chrétien en entrant dans la cathédrale était placé devant une réalité à laquelle il ne pouvait échapper : la mort.Impossible de manquer cette fresque impressionnante tant par ses dimensions que par ce qu'elle représente : le jugement dernier dont parle l'Apocalypse de Saint Jean.

Prenant la forme d'un catéchisme illustré, le tableau, qui épouse les deux imposantes colonnes soutenant l'orgue, représente le sort réservé aux élus et aux damnés.

Les premiers, quittant leur tombe, sont accueillis par des anges et invités, une fois ressuscités, à rejoindre les apôtres et les saints.

Les seconds ont un avenir bien moins glorieux qu'on peut lire à la fois par l'image et les commentaires qui les décrivent au-dessous. Le poids des mots, le choc des photos : on n'a rien inventé !

Enfer et damnation !
Le prodige des peintres de la Renaissance se révèle par leur capacité à exprimer sur les visages et les corps désarticulés des damnés le sentiment d'horreur et d'épouvante.
Celui-ci contraste fortement avec l'apparente sérénité des élus. Le tableau est là pour frapper les esprits. L'enfer est le monde de la désolation, de la désespérance, du chaos et de l'anéantissement.

Peuplé de monstres et de démons terrifiants, il plonge les malheureux dans un supplice éternel qui rappelle nombre de tortures médiévales : immersion dans l'eau, pal, ingestion forcée, cuisson dans des marmites géantes : le spectacle fait froid dans le dos.

Le jugement dernier d'Albi est le premier à mettre en scène les sept péchés capitaux, chaque supplice correspondant à un vice.Seule la paresse a disparu...

La violence des châtiments devait suffire à mettre en garde les chrétiens, responsables devant Dieu de leurs actes, et à les ramener sur le droit chemin.
A l'inverse, l'image des élus offrait une espérance et l'assurance de l'éternité après la mort...


La salle du trésor

Le trésor de la cathédrale d'Albi est aménagé dans une chapelle haute, dont les travaux ont révélé la vocation initiale, celle d'une chambre forte destinée à abriter dès le XIIIe siècle, les archives et les objets précieux de la cathédrale. Parmi les oeuvres qui y sont présentées, les objets d'art sacré appartenant à la cathèdrale sont rassemblés dans la première salle.

Vous pourrez découvrir :

La châsse de Sainte-Ursule en bois polychrome du XIVe siècle. Découverts en 1873 dans la tombe d'un évêque : une châsse limousine en cuivre doré, émaillé du XIIIe siècle, un anneau épiscopal du XIVe siècle, des plaques de gant du XIVe siècle XVe siècle, une crosse limousine du XIIIe siècle, le groupe de la visitation du XVIe siècle, des bâtons de chantre, un ensemble de bras et bustes reliquaires du XVIIe et du XVIIIe, la toile de Jacques Blanchard datant du XVIIe siècle représentant l'enfant Jésus remettant les clefs à Saint Pierre, le polyptique siennois du XIVe siècle donné à la cathédrale à la fin du XIXème siècle, des ornements épiscopaux. Les oeuvres provenant des autres églises d'Albi et du diocèse sont réunies dans la grande salle voisine.