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Le Musée Toulouse-Lautrec

La biographie de Toulouse-Lautrec

Descendant d'une vieille famille aristocratique du sud-ouest, Lautrec passe d'une enfance choyée à des études de dessins à Paris en atelier.

Il deviendra un peintre animalier remarquable.

Témoin de la vie artistique de son temps, caricaturiste ettonant

il décrira le Paris des cabarets et des maisons de passes avec toute l'accuité de regard et la tendresse qui le caractérisait.

24 novembre
1864
Henri Marie Raymond de Toulouse Lautrec Monfa naît à Albi dans le vieil hôtel familial du Bosc, rue de l'Ecole Mage actuellement rue Toulouse Lautrec, du comte Alphonse de Toulouse Lautrec (1838-1913) et de Adèle Tapié de Céleyran (1841-1930) sa cousine germaine. Vers 1872
Installation de la famille à Paris rue Boissy d'Anglas puis à Neuilly.

1872
Henri entre au Lycée Fontanes (Condorcet), en neuvième. Il y remporte quelques premiers prix et quelques accessits. Il a pour compagnons Louis Pascal son cousin et Maurice Joyant (1864-1930) dont l'amitié devint fraternelle.
Pendant son séjour à Paris Henri fréquente l'atelier du peintre animalier bordelais familier du comte Alphonse, René Princeteau (1839- 1914), qui fut aussi le premier maître de Lautrec.

1874
La famille retourne à Albi où la Comtesse aidée de précepteurs choisis, dirigera les études de son fils.


L'enfance

1878
A Albi, Henri tombe "de sur une chaise basse" sur le parquet du salon de sa maison natale et se brise la jambe gauche. Séjours à Amélie les bains, Nice, Barèges

1879
En août à Barèges au cours d'une promenade avec sa mère roule dans un fossé et se brise le fémur droit. Désormais estropié, il devra renoncer à ses sports favoris : le cheval et la chasse.

1880
Henri illustre "Cocotte" conte manuscrit de son ami Etienne Devisme rencontré à Barèges.

1881
Aprés un échec en juillet à Paris Henri passe la première partie du baccalauréat en octobre à Toulouse et arrête là ses études. Pendant un séjour à Nice, il peint, dessine et envoie à sa cousine Madeleine Tapié le cahier de zigzags, impressions de voyages et d'hôtels. René Princeteau décide les parents d'Henri à permettre à leur fils d'étudier la peinture à Paris chez Bonnat.


La jeunesse

1884
Lautrec cependant est attiré par l'art nouveau, Degas et les impressionnistes. Tout en continuant à fréquenter l'atelier, il va s'installer seul dans un atelier de son choix.
Rompant un moment avec sa famille qui oppose quelques objections à son désir d'indépendance, Lautrec quitte le domicile paternel. Il habite et travaille successivement chez Grenier 19, rue Fontaine chez Henri Rachou chez le père Forest où dans le jardin il peindra pendant quelques années d'admirables portraits.

Lautrec installe enfin son atelier 7, rue Tourlaque en plein Montmartre, il trouvera ses modèles dans les lieux de plaisir qui s'ouvrent à chaque pas dans le quartier : cafés concerts théâtre bals ... Il y donnera libre cours à sa soif de travail et à son goût pour la boisson.

Au cabaret le Mirliton, il devient l'ami de Bruant.

1885
Lautrec subira son influence pendant quelques années. Le chanteur lui fait connaître à travers ses oeuvres le monde interlope des faubourgs. Les refrains des chansons de Bruant sont les titres des oeuvres de Lautrec : "A St-Lazare", "A Ménilmontan", "A Batignolles", "Au cabaret" sont exposées les premières oeuvres de Lautrec et ses dessins sont reproduits dans le journal "Le Mirliton" qu'édite Bruant.

Courts séjours de Lautrec à la campagne chez ses amis Anquetin à Etrepagny, chez Claudon à Villiers-sur- Morin où il exécute, "à l'auberge Ancelin", une décoration murale. ''il conseillera à Vincent Van Gogh la Provence pour le climat dont sa santé a besoin et la lumière qu'il veut exprimer dans ses toiles''. Lautrec devant son tableau ''Le Salon de la rue des Moulins'' (1894)

Dans le jardin du père Forest, il fait le portrait de Suzanne Valadon qui sera encore son modèle pour son tableau "La Buveuse" en 1889. Lautrec rencontre Van Gogh (qui a travaillé un moment chez Cormon), et entretient avec lui des relations amicales.


Les rencontres importantes

En 1888
Il conseillera à Van Gogh, la Provence le climat dont sa santé a besoin et la lumière qu'il veut exprimer dans ses toiles.

1887
Lautrec partage avec son ami, le docteur Bourges, un appartement au 19 puis au 21, de la rue Fontaine jusqu'au mariage du docteur .

1893
Portraits de Gauzi, Aline Gilbert, de la Comtesse A. de Toulouse-lautrec (dans le salon de Malromé) ; il exécute au pastel celui de Van Gogh (daté par Joyant de cette année). Lautrec peint "A l'Elysée Montmartre""," Au Moulin de la Galette " (Valentin et une danseuse). Les années qui suivent sont de plus en plus fécondes.

1888
Lautrec peint la grand toile "Au Cirque Fernando", "l'Ecuyère", "Un jour de première communion", "Danseuse espagnole", les portraits de Gernier, Lili Grenier, Hélène V. Il présente onze tableaux et un dessin à l'Exposition des XX à Bruxelles.


Le temps des affiches

1889
Portraits de Samary, Fourcade, Emile Davoust, "la Blanchisseuse"," Au bal du moulin de la Galette", "Femme à sa toilette", "La Buveuse", "Poudre de riz". Participation au Ve Salon des Indépendants et à celui du Cercle Volney.

1890
Portraits de "Mlle Dihau au piano", "Gabrielle la danseuse", "Femme se frisant", "La trapéziste", "Au Moulin Rouge" (tableau accroché pendant de nombreuses années au-dessus du bar du Moulin- Rouge avec le Cirque). Lautrec expose au VIe Salon des Indépendants et à l'exposition des XX à Bruxelles.

1891
Année de grand travail. Portraits de Sescau, Docteur Bourges, Désiré Dihau, G.-H. Manuel, "Fille à la fourrure", "Au Moulin de la Galette", "A la Mie", Une opération par la Docteur Péan, ma trachéotomie par le Docteur péan.

Sur les conseils de l'imprimeur Ancourt et de Pierre Bonnard, Lautrec débute dans la lithographie. Sa première affiche paraît : "Le Moulin Rouge" (La Goulue). Jusqu'à la veille de sa mort, il produira près de 400 estampes (en noir et en couleurs) et 31 affiches dont il renouvelle l'art. Arrivée à Paris de Gabriel Tapié de Céleyran, cousin germain de Lautrec, venu terminer ses études de médecine chez le grand chirurgien Péan et qui deviendra le compagnon inséparable et discret du peintre.


les cabarets

1892
Réouverture du Moulin-Rouge, qui inspire à Lautrec de nombreux tableaux avec Jane Avril, La Goulue, Valentin-le-Désossé et toutes les vedettes qui s'y produisent Jane Avril sortant du Moulin Rouge et mettant ses gant, la danse ou le départ du quadrille, "Deux valseuses".

Premières estampes en couleurs : "Au Moulin Rouge", "La Goulue et sa soeur", "l'anglais au Moulin Rouge". Affiches : "Le Pendu", "Le Divan Japonais", "Reine de joie", "Bruant".

Expose au VIIIe Salon des Indépendants : "La Goulue au Moulin Rouge", "La Goulue et sa soeur", "Repos entre deux tours de valse" ; il expose au groupe des XX à Bruxelles ; au Cercle Volney ; à l'Exposition des peintres Impressionnistes et Symbolistes chez Le Barc de Bouteville.


Les maisons closes

1893
Portraits : H.-G. Ibels, Delaporte, M. Boileau, Louis Pascal, Madame Gortzikoff, Caudieux, "Jane Avril aux Ambassadeurs", Moiser, "Madame et le chien", "Femme à sa fenêtre".

Estampes en couleurs, programmes de théâtres pour le "Missionnaire"," La loge au mascaron doré".

Couverture de l"'Estampe originale". Nombreuses estampes en noir. Affiches : "Jardin de Paris", "Caudieux", "Le Matin", "Bruant dans son cabaret".

Il collabore à "l'Escarmouche", à la "Revue Blanche" ; illustre les chansons de Maurice Donnay.

Fait sa première exposition particulière avec Charles Maurin (1852- 1914) chez Boussod Valadon.

1894
A Londres où l'a amené son ami Joyant, Lautrec s'ennuie mais se fait indiquer des recettes anglaises de cocktails et rend visite à Whistler. C'est aussi l'année des maisons closes. Ce milieu constitue pour lui un champ d'études inépuisable. Il en retire un nombre impressionnant d'études, de portraits et de scènes, qui aboutissent au grand tableau du "Salon de la rue des Moulins" du Musée d'Albi.

Dans le même temps sa production est importante : "Portraits du Docteur Tapié de Céleyran dans un couloir de théâtre". Estampes en couleurs "Aux Ambassadeurs". Lautrec en japonais louchant (1892) Album : "Yvette Guilbert "(16 Planches, texte de Gustave Geffroy).

Affiches : "Bruant au Mirliton", "l'Artisan moderne", "Babylone d'Allemagne", "Confetti", "Sescau photographe". Expose au Xe Salon des indépendants (Alfred la Guigne) ; se rend à Bruxelles pour l'exposition de la Libre Esthétique. Expositions de "la Dépêche" à Toulouse; de lithographies chez Durand-Ruel, en même temps que l'exposition Manet. Arsène Alexandre lui demande sa collaboration pour le "Rire".



Les voyages

1895
Portraits : Oscar Wilde, Tristan Bernard, May Milton, Madame Pascal au piano, May Belfort, Missia Natanson, "La clownesse Cha-u-Kao". L'abandon ou les deux amis. "La Goulue", dont la vogue a été brève, monte une baraque à la Foire du Trône pour y présenter une "danse de l'almée" assez désolante. Elle demande à Lautrec une décoration.

Il crée spécialement les grands panneaux qui après avoir été découpés pour une plus facile commercialisation ont été reconstitués au musée du Jeu de paume.

Estampes en couleurs : Marcelle Lender en buste ; en noir : Cecy Loftus, May Belfort, Mélodies de Désiré Dihau (14 pièces), Treize portraits d'acteurs ou d'actrices. Couverture de la dernière livraison de l'estampe originale. Affiches: May Belfort, La Revue Blance, May Milton, La Châtelaine ou le Tocsin, Napoléon.

Lautrec voyage à Londres et en Normandie. Expose au XIe Salon des Indépendants, à la Libre Esthétique de Bruxelles, au Salon de la Société Nationale des Beaux-Arts ( vitrail d'après une de ses oeuvres) ; au Centenaire de la Lithographie, à l'exposition de Londres: "A Collection of Posters Royal Aquarium", au XIVe Salon des Cent, dans les Salons du "Télégramme" à Toulouse.

Tristan Bernard l'introduit dans le monde du cyclisme qui lui inspire quelques oeuvres.


1896
Portraits : Madame Emmanuel Tapié de Cléleyran, Maxime Dethomas, Juliette Pascal au piano, Conquête de passage ou le Corset, Liane de Lancy au Palais de Glace, Lucie Bellanger, Chilpéric. Estampes lithographiques en noir : série sur Marcelle Lender, Miss Ida Heath, Le Sommeil et le remarquable album "Elles", fruit de ses travaux dans les maisons closes. Affiches : Chaîne Simpson, Troupe de Mlle Egalantine, Irish and American bar, L'Aube, La vache enragée, Au concert, La Passagère du 54.

Lautrec fait chez Manzi-Joyant, 9, rue Forest, sa deuxième exposition de peintures, lithos et affiches (Salle réservée au premier étage aux "maisons closes") ; il participe en outre à la deuxième exposition " A Collection of Posters Royal Aquarium", à la Libre Esthétique de Bruxelles, au XVe Salon des Cent, à l'Exposition Internationale de l'Affiche, au cirque de Reims.

Part du Havre pour Arcachon par le paquebot " Le Chili". Il poursuit jusqu'à Lisbonne une femme inconnue, entrevue sur le pont du navire (La Passagère du 54). Retour par l'Espagne. Voyage sur les bords de de la Loire, visite Blois, Amboise et Chambord. Les procès Arton et Lebaudy lui inspirent une série d'estampes en noir.


L'enfermement

1897
Lautrec quitte son atelier de la rue Tourlaque (où Steinlen lui succéda) et s'installe 15, rue Frochot.
Portraits : Henri Nocq, Missia Natanson, M. de Lauradour, Paul Leclercq, Berthe Bady, Mlle Béatrice Tapié de Céleyran, Femme nue devant sa glace, La grande loge, Femme rousse nue accroupie.

Estampes en couleurs : La grande loge, la Clownesse au Moulin Rouge, Partie de campagne ou le Tonneau, Elsa la Viennoise.

Expose au Salon des Indépendants, à la libre Esthétique de Bruxelles. Il séjourne chez les Natanson à Villeneuve-sur-Yonne.

1898
Lautrec a 34 ans. Sa production est considérable. Mais l'alcool dont il a abusé, les veilles, les plaisirs, le travail, ont gravement altéré sa santé. Il continue néanmoins à peindre.

Portraits : Louis Bouglé, Mlle Andrée Ciriac, La leçon de chant (Mlle Dihau et Mme Favereau), La sphynge, A la toilette.

Estampes en noir : Polaire, Réjane, Invitation à une exposition (de ses oeuvres partant pour Londres, dans son atelier, rue Frochot, mai 1898).

Huit pointes sèches. Illustre Au pied du Sinaï de Georges Clemenceau, Yvette Guilbert, suit anglaise, huit lithographies, frontispice et couverture.

Exposition à Londres "The Goupil Gallery", Regent Street. Ses sujets y scandalisent la presse et le public et lorsque le Prince de Galles, futur Edouard VII, honore le vernissage de sa visite, Lautrec, dans un fauteuil, dort à poings fermés.

1899
Son état de santé devient de plus en plus inquiétant. Les troubles spécifiques se multiplient et l'alcoolisme mondain à fait place au plus grave éthylisme.

Pourtant en 1899 paraît la merveilleuse illustration des "Histoires naturelles" de Jules Renard. Mais la même année une crise plus grave, avec hallucinations, probablement du "delirium tremens", contraint à interner Lautrec, à la maison de santé que dirige le docteur Sémelaigne à Neuilly, avenue de Madrid.


Les derniers moments

Ce sera pour lui un choc terrible. Ses appels au secours restent sans autre écho que de la part du fraternel Joyant.
Avec son aide, Lautrec va réaliser, de mémoire, pour un futur album consacré au cirque, trente-neuf dessins aux crayons de couleurs. Ce sera son "passeport" pour la libération conditionnelle, son cousin Viaud, "mon cornac" dira-t-il de lui, l'accompagnant désormais partout pour lui éviter la rechute.

Dés sa sortie, il se remet au travail. Portraits : Mlle Nys, Romain Coolus ; Tableaux : A Armenonville, jeune acrobate dans l'arène, clown du Cirque Fernando ; Estampes : La chanson du matelot, le Jockey (en couleurs). Affiches : Jane Avril. Au Havre, où Lautrec va prendre en juillet le bateau qui l'amènera à Bordeaux, il est séduit dans un "star" du port, par une blonde anglaise dont il fait un dessin et un portrait (l'Anglaise du Havre).

Séjours de Lautrec à Arcachon, à Bordeaux où il travaille intensément. Portrait de Mlle Marthe Mellot; série de dessins et d'esquisses inspirées par l'opéra Messaline se rend à Malromé, puis retourne à Paris 1900 En mai, le peintre invite ses amis à venir "boire une tasse de lait" dans son atelier, rue Frochot, et voir ses oeuvres exécutées à Bordeaux.

Portrait de Joyant Lautrec,et ses amis au Moulin de la galette (1898)

1901
A bout de résistance, ruiné par un mal inexorable, Lautrec va chercher refuge et affection auprès de la comtesse, sa mère. Il quitte Paris le 20 août pour le château de Malromé. Là, il trouve encore le courage de terminer ses derniers tableaux : "l'Amiral Viaud" et "Un examen à la Faculté de Médecine de Paris".

Le 9 septembre, à 37 ans, Henri de Toulouse- Lautrec meurt, entouré des siens.