Vie Culturelle
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Service culturel
16, rue de l'hôtel de ville
81023 Albi Cedex 9
Qu'est-ce qu'un projet culturel ?
Tout commence par l'imaginaire, par l'imagination.
Les conditions socio-économiques sont dictées par les représentations des rapports humains.
Notre manière de faire la ville est question certes de réalités, mais aussi de desseins, de projections, de volontés, et nous savons que la situation de crise quasi-continue demande, entre autres choses, une dose d'imagination.
Si nous voulons être capables de traiter d'innovation technologique et scientifique, de création artistique, de savoirs, de connaissance, de dimension sensible ou intellectuelle, il nous faut tout autant être capables d'explorer les champs de l'innovation sociale que de l'innovation culturelle.
S'intéresser à la fois à l'objet et à l'humain.
Comment le monde culturel, dans ces conditions, pourrait-il rester en dehors des interrogations sur le futur ?
Albi n’est pas une métropole, elle s’inscrit au cœur d’un territoire dont l’histoire lui a confié la responsabilité de pôle structurant à bien des égards. La Culture est l'un de ses atouts phares.
Son projet culturel doit tout autant conforter ses forces et richesses et affirmer des perspectives partagées.
Ainsi, le projet culturel albigeois doit rappeler l'existence de traditions culturelles, la diversité des acteurs culturels
- professionnels parfois mais le plus souvent amateurs
- ainsi que la multiplicité de lieux d'expression, de création et de diffusion culturels.
Ce projet doit tout également affirmer des volontés politiques lisibles, compréhensibles, transparentes, et autant que possible partagées.
Ces orientations doivent recouvrir les champs multiples de la culture, les pratiques artistiques, les formes diverses de création, d'imaginaires, de transmission...
Toute création est potentiellement féconde de découverte de soi, des autres, du monde dans lequel nous vivons. Plus encore, les créations sont génératrices de rencontres, d'échanges, de lien social, de vivre ensemble.
La Culture est le liant d'une communauté de vie, ouverte.
Les murs de la ville en sont des témoins vivants. La Cité épiscopale d'Albi en est, avec sa cathédrale Sainte-Cécile le phare multiséculaire qui attire et fascine les regards, presque, hypnotisant...
Cela est constitutif de son histoire et assurément de son avenir.
Albi possède une identité esthétique forte autour de la terre (la brique), sa couleur, elle est dépositaire de savoir faire ancestraux sans être enfermée dans le passé et sait aujourd’hui créer et se projeter par des pratiques multiples.
Par une identité locale empreinte d'ouverture au monde, d'intérêt et de découvertes scientifiques et culturelles. L'explorateur navigateur Jean-François Galaup de La Pérouse illustre ô combien cet humanisme de vie cher au siècle des lumières que nous voulons incarner en un humanisme de ville.
Patrimoine et Culture sont les « marqueurs » identitaires de notre ville, de notre territoire. Le binôme culture-patrimoine est un élément très fort de notre histoire, de notre identité, de notre cohésion sociale, il l’est de notre attractivité future.
Ainsi, Dominique PERRAULT (architecte) rappelait-il lors de la présentation du projet des Cordeliers en décembre 2009, que « sans marqueur identitaire qui lui est propre, un territoire est aujourd'hui condamné à se dissoudre dans celui, plus large, plus lointain qui saura lui imposer son autre identité »...
La convergence de ces deux éléments, combinée avec l'enseignement supérieur, la recherche et la découverte scientifique, façonne un tryptique identitaire puissant pour Albi :
Culture – Patrimoine – Enseignement supérieur et innovation.
Université, vie intellectuelle, innovation, tout ce qui fait la force de l'économie d'aujourd'hui (économie de la connaissance), complètent pleinement cette revue des atouts de l'Albigeois, ceux qui nous font choisir d'y apprendre, travailler, construire notre personnalité et nos goûts.
Ceux aussi qui nous font choisir d'y venir ou d'y rester vivre.
Ceci rejoint les débats les plus actuels sur ce qui fait l'attractivité des villes (cf les travaux de Richard Florida, et sa théorie des 3 T : la tolérance, les talents, la technologie) et plus près de nous l'étude de l'Université de Paris Dauphine présentée lors du lancement des Etats généraux de l'Unesco.
Parce qu'Albi est une ville en mouvement La démographie albigeoise, la présence accrue d'étudiants, nous invite à observer et à accompagner l'évolution de la ville. De même, l'inscription de la Cité épiscopale, en juillet 2010, au patrimoine mondial de l'humanité, confère à la ville d'Albi un nouveau statut qui lui offre de nouvelles perspectives et de nouveaux challenges, notamment dans le domaine culturel.
Son projet culturel mérite d'être renouvelé par un réexamen permanent de l'évolution de l'offre culturelle albigeoise, des attentes des publics, de l'évolution des formes de la création contemporaine, de la relation à la cohésion sociale et à la citoyenneté...
Son projet culturel doit être renouvelé pour mieux intégrer la présence d'une Scène nationale à Albi (labellisée depuis 1991), présence inscrite désormais avec recul et prégnance, mais qui bien évidemment s'inscrit aussi dans une évolution dynamique des missions qui lui sont propres.
Son projet artistique doit favoriser le bouillonnement, les échanges entre professionnels, amateurs et profanes, mais aussi entre ces catégories. C'est bien la vie intellectuelle de la cité qui est mise en exergue.
Parce qu'Albi veut affirmer une ambition culturelle au service des Albigeois Aujourd'hui, l'offre culturelle albigeoise est riche et diversifiée grâce à ses acteurs, à une action ancienne jamais démentie. La ville dispose également de structures reconnues au niveau régional et national. Citons par exemple le musée Toulouse Lautrec, le musée Lapérouse, le conservatoire de musique et de danse du Tarn, la Scène nationale d'Albi, la médiathèque Pierre Amalric, le centre d'Art Le Lait, le GMEA (centre de création musicale), l'Ecole Européenne des Arts et de la Matière, l'association Arpèges et Trémolos, la MJC l'association du Vieil Albi et Alby coeur de Cité... Albi a une dynamique culturelle qu'elle souhaite affirmer, conserver, développer. A cet égard, le projet des Cordeliers portant création de deux nouvelles salles de spectacles et d'un ensemble cinématographique va concrétiser fin 2013 l'affirmation d'une ambition culturelle pour Albi, au service des Albigeois et plus largement encore du territoire tarnais et nord midi-pyrénéen.
Ainsi un véritable quartier culturel de visibilité régionale va émerger, en complémentarité des deux salles de spectacles pré existantes, de la médiathèque d'agglomération Pierre Amalric, situé à mi chemin entre Centre Universitaire et cœur historique de la ville, de l'Hôtel de Rochegude et de la salle de conférence
aménagée en 2011 rue de Lavazière avec l'appui du Bon Sauveur.
Son projet culturel doit être réaffirmé enfin, pour rappeler les bienfaits de la culture au service de tous les publics et de tous les créateurs et pour porter haut l'importance de la culture dans notre ville, dans notre pays. Son projet culturel doit aussi être l'occasion, au delà du tabou du manque de moyens, de formaliser des choix politiques indépendants. La culture appartient à ses acteurs, à ses créateurs, à ses auditeurs, à ses spectateurs ...
La collectivité ville a la responsabilité d'aider, d'impulser. Elle a aussi une obligation de discrétion, s'effaçant volontiers devant les acteurs culturels dont l'indépendance est première. C'est sur la hiérarchisation des enjeux et des actions que la synthèse ville-acteurs doit s'effectuer.
Parce que cette interrogation est intemporelle et universelle.
- Intemporelle
L'interrogation sur la culture est bien intemporelle. La première phrase de la Métaphysique d'Aristote est célèbre : « Tous les hommes désirent naturellement savoir ; ce qui le montre c'est le plaisir causé par les sensations, car, en, dehors même de leur utilité, elles nous plaisent par elles-mêmes, et, plus que toutes les autres, les sensations visuelles ... »
- Universelle
Le besoin de culture est universel. Un des enjeux d'Albi est probablement son ouverture à l'international. Tout ce qui relève de l'universel vient abonder, alimenter, enrichir la réflexion albigeoise et le destin de la Cité. A ce titre, le projet culturel Albigeois est ouvert à tous les partenariats.
Laissons-nous guider par la définition proposée par l'UNESCO : « la culture doit être considérée comme l'ensemble des traits distinctifs spirituels et matériels, intellectuels et affectifs qui caractérisent une société ou un groupe social ; (...) elle englobe, outre les arts et les lettres, les modes de vie, les façons de vivre ensemble, les systèmes de valeurs, les traditions et les croyances ».
L’UNESCO souligne: « l'importance de la culture pour la cohésion sociale en général et, en particulier, sa contribution à l'amélioration du statut et du rôle des femmes dans la société » (point 10), et insiste sur « le rôle essentiel de l'interaction et de la créativité culturelle qui nourrissent et renouvellent les expressions culturelles et renforcent le rôle de ceux qui oeuvrent au développement de la culture pour le progrès de la société dans son ensemble » (point 16).
Dans la vision de l'Unesco et ses missions, la culture est omniprésente. Elle est aussi présente dans les sites bénéficiant du classement au patrimoine mondial et bien sûr dans le dossier Albigeois. Ceci était rappelé par Monsieur Werner Desimplaere, expert Icomos, dans sa conférence au Centre Universitaire : « Europa ist polyfonisch »- L'Europe est polyphonique. Cette polyphonie s'exprime tout aussi bien dans la musique ou dans les autres Arts comme la littérature, la peinture, la sculpture, la danse, le théâtre, et bien sûr, l'architecture qui ajoutent leurs voix à la culture européenne...
Toute culture est corrélée avec la citoyenneté...
La culture signifie aussi : rendre vivable notre monde. Relisons également l'Article 27 de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme et du Citoyen : « Toute personne a le droit de prendre part librement à la vie culturelle de la communauté, de jouir des arts et de participer au progrès scientifique et aux bienfaits qui en résultent ».
Le décret du 24 juillet 1959 a créé le Ministère de la Culture avec pour mission de « rendre accessibles les oeuvres capitales de l'humanité et d'abord de la France au plus grand nombre de Français, d'assurer la plus vaste audience à notre patrimoine culturel et de favoriser la création des oeuvres de l'art et de l'esprit qui l'enrichissent ». Les missions de l'Etat pour André MALRAUX seront : le soutien au Patrimoine, l'aide à la diffusion et le soutien à la création artistique.
Quelques vingt bonnes années plus tard, Jack LANG mit l'accent plutôt sur les pratiques culturelles : « permettant à tous les Français de cultiver leur capacité d'invention et de créer, d'exprimer librement
leurs talents et de recevoir la formation artistique de leur choix ».
En changeant le discours de la démocratisation pour celui de la diversité culturelle, l'Etat a non seulement pris acte que la culture s'entendait de manière multiple mais aussi que la démocratisation passait désormais par le pluralisme des expressions davantage que par le partage égal d'une culture unique. La diffusion des oeuvres de la culture « savante », des chefs-d'oeuvre éternels du patrimoine et de la création, “l'élitisme pour tous” cher à Antoine VITEZ, ont été remplacés par l'idée de démocratie culturelle : favoriser l'épanouissement culturel de l'ensemble de la population dans tous les domaines d'expressions artistiques et culturels, qu'ils soient consacrés ou populaires.
Délaissant petit à petit ses priorités initiales et fondamentales : le Patrimoine, la Création et la Diffusion culturelle sur tout le territoire, on est passé de la culture au développement culturel, et tout est devenu objet de culture.. Art et culture, cheminent côte à côte, l’un divise, l’autre, dit-on, rassemble. Quoi qu’il en soit, on ne peut nier l’importance et la réalité de ce mouvement mi-centenaire, reste néanmoins, aujourd’hui, à renouveler la définition, les missions et les pratiques du service public.
Le cadre de réflexion proposé par le Ministère de la culture lors du Forum national organisé le 4/02/2011 par Frédéric Mitterrand pose le contexte : << La démocratisation culturelle est une ambition qui a nourri le Ministère de la Culture dès sa création en 1959. Elle repose sur une conception universaliste de la culture et sur une représentation de la société comme un ensemble homogène, à travers l'appropriation d'un patrimoine commun.
Constamment redéfinie, nécessairement inachevée,
la démocratisation culturelle doit sans cesse être réinventée ... la montée en puissance de la culture à domicile pose un problème nouveau à tous les « passeurs » de culture. Elle déplace le centre de gravité des politiques culturelles, en les obligeant à intervenir sur des dynamiques très largement dominées par des logiques de marché qui visent la sphère domestique. Le rôle de l'espace public dans les formes d'expression artistique, arts visuels, arts de la rue, spectacle vivant, la perméabilité entre les disciplines, le développement des arts numériques ouvrent aujourd'hui de nouveaux territoires artistiques.
La notion d'oeuvre s'en trouve réinterrogée. De nouveaux codes et de nouveaux langages esthétiques émergent, qui sont à même d'entraîner un décloisonnement et une plus grande proximité des publics avec les artistes. Penser ces mutations dans les processus de création, c'est aussi l'ambition qui nous donne l'occasion de faire un état des lieux. C’est aussi une invitation à penser ce que
pourraient être demain la création, la médiation et l'éducation artistique et culturelle dans un environnement marqué par l'économie du divertissement et du numérique".
Même s'il existe des distinctions entre « high culture » et « low culture », entre « culture » et «entertainment » dans le monde anglo-saxon, Theodor ADORNO (philosophe, sociologue, compositeur et musicologue allemand), il y a longtemps, a dénoncé l'industrialisation de la culture comme catastrophe artistique, le débat sur le « rendre accessible » est moins présent. Si beaucoup découvrent la disparition d'une culture commune européenne, il serait présomptueux de soutenir l'émergence d'une culture mondialisée. Frédéric MARTEL (écrivain et journaliste français) parti à sa recherche évoque à la fois le gigantesque effort de banalisation et en même temps le retour à des cultures nationales ou une diversité culturelle de plus en plus « colorful » : « la prise en compte réelle de la diversité, l'essort d'internet, la mondialisation, vont parachever ce mouvement » (« Mainstream » Flammarion 2010 »).
Jacques Rigaud, promoteur du mécénat culturel, est le défenseur de l’exception culturelle et de l’idée de la puissance mobilisatrice de la culture telle qu’elle est incontournable pour penser la politique de la ville.
Au delà des enjeux locaux, de l'approche des débats propre à la société Française, de la plus ou moins grande répulsion à l'égard de la mondialisation dans toutes ses facettes, n'avons nous pas aussi une petite part de responsabilité, à l'échelle de notre territoire, dans un combat pour le retour d'une conscience européenne partagée, en bref de cette culture commune européenne ?
Elle est donc essentielle pour une ville, même s'il s'agit d'une tâche difficile et complexe qui traite aussi bien de cultures, de pratiques que de publics.
Tous ces pluriels doivent se conjuguer, se croiser pour que le projet culturel soit à l'image de notre ville dont la pluridisciplinarité est une des caractéristiques. Il doit répondre à l'absence de « modèle dominant », aux attentes variées des générations, à la complexité et aux origines multiples de la société, aux évolutions du modèle familial et à la montée des solitudes, à l'individualisation des situations, au bouillonnement d'idées de nos artistes créateurs, personnalités généralement assez bien trempées, mais aussi à une interdépendance toujours plus grande avec les communes de notre agglomération.
En ce sens le projet culturel Albigeois trouvera tôt ou tard son prolongement (ou son aboutissement) dans un projet culturel de l'agglomération Albigeoise.
Dans une période de crise, économique pour beaucoup, morale ou éthique pour d'autres, nous faisons le pari que chacun sera au moins d'accord sur la nécessité de « placer la culture au cœur de notre société », de « donner un sens aux choses », de « résister aux peurs », « d'avoir des points de repère ».
Cela passe aussi par une reconnaissance de ceux qui la font vivre, la créent, l'animent, en assurent la « passation ». De même que l’accès du plus grand nombre à l'enseignement supérieur à Albi est désormais une réalité, l’accès pour tous à la culture à Albi est un enjeu majeur.
Au risque d'être excessif, mais ce choix est assumé, la culture est le meilleur moyen d'élever l'homme et de lutter contre le puissant mouvement de nivellement (peut on dire par le bas ?).
Ainsi, au delà du travail collaboratif avec les acteurs culturels, qui a présidé à l'écriture de ce projet, il convient de continuer à le partager et d'élargir les champs du possible.
Plusieurs pistes sont ressorties :
- Le secteur économique : Il est plus ouvert qu'on ne le pense au secteur culturel, tant au niveau des actions de mécénat que de partenariats visant à faire entrer la culture au sein des entreprises.
- Le croisement des publics : il est fondamental car riche et indispensable à la l'augmentation naturelle du public.
- Les partenariats en particulier dans la dimension géographique comme institutionnelle
La culture, un perpétuel débat
Si le projet de la collectivité ville d'Albi est de co-produire un projet culturel pragmatique, partagé et fédérateur, il n'est pas question de refuser le débat ou de ne pas entendre le bruit des débats de la société !
Présenter ce projet culturel en est déjà le témoignage.
Penser, c'est toujours penser au pluriel, disait Kant, avec la compagnie des autres mais aussi contre certains d'entre eux, « c'est donc penser dans le désaccord » (« De quoi l'avenir intellectuel sera t-il fait » . Gallimard 2010) . Il est un lieu coutumier du débat : Avignon et son festival homonyme.
Ci-dessous un verbatim du Festival 2010.
Version apaisée : Quel rôle les arts de la scène occupent-ils aujourd'hui dans la société Française ? Louis Schweitzer (Président du festival d’Avignon) :
« Je crois qu'ils répondent à un besoin profond, celui de se rencontrer. Les théâtres sont en effet, avant toute chose, des lieux de création où l'on se parle et où l'on se rencontre, que cela soit entre spectateurs et artistes. Il existe des plaisirs artistiques solitaires, comme la lecture, qui nous placent dans une relation exclusivement intime à l'Art, ou d'autres, comme le cinéma, qui nous permettent d'être en relation avec d'autres spectateurs mais pas avec les artistes. Les arts vivants, eux, ont toujours eu un lien très étroit avec la vie collective. A ce titre, je crois qu'ils constituent quelque chose de fondamental pour notre société ».
Version amplifiée : Jean Lambert – Wild (metteur en scène et directeur de théâtre, actuellement directeur de la Comédie à Caen):
« je pense que nous avons besoin de magie, de textes puissants qui nous emportent. Le théâtre est le lieu d'une réalité amplifiée : ce n'est pas un lieu comme un autre. Je crois à la poésie, à la puissance du verbe... Je crois que le théâtre est fondamentalement le lieu d'une exagération et non pas celui des soupes services ou des leçons récitées ». et encore : « Je ne suis pas de ceux qui pensent que la culture est aujourd'hui en danger en France. D'ailleurs, d'une certaine façon, le sentiment de danger est consubstanciel à la notion de culture. »
Version inquiète, internationale et technophile Bernard Stiegler (Philosophe, ex directeur de l’IRCAM) :
« Tout est gravement en danger mais la culture - et j'entends par là d'abord la façon que les gens ont de faire attention à eux-mêmes, aux autres et au monde - « l'est plus que tout ... Le consumérisme qui repose sur l'innovation permanente, conduit à un raccourcissement du temps de transfert de l'innovation technologique tel qu'il en résulte une obsolescence des choses et une jetabilité généralisée. Or, le rapport aux oeuvres, c'est précisément le rapport à ce qui « n'oeuvre que parce que ce n'est pas jetable : c'est l'expérience de l'inconsommable ... C'est d'abord pour cela que la culture est en danger ... ». « La reconstitution d'une attention au monde est l'enjeu primordial du XXIème siècle » ou encore « On ne peut qu'être frappé ... par la façon dont les technologies relationnelles reconfigurent ... les rapports sociaux. Le mode culturel ne s'investit pas très fortement dans les possibilités tout à fait nouvelles et prometteuses qui se dessinent aussi dans l'émergence de cette société réticulaire, pour y inventer de nouvelles formes de l'attention... »
Version militante Jean-Michel Lucas (docteur d’Etat ès sciences économiques, directeur d’Uzeste musical) :
« construire de l'émancipation plutôt qu'adresser une offre .. Il y a crise car les offreurs de culture ne savent plus ce qu'ils offrent... »
Version universitaire : Gérard Noiriel (historien et directeur d’études à l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales) :
« la dramaturgie s'est construite dans l'articulation entre émotion et réflexion, en lien avec une visée civique et critique, par la voie du sensible. La division du travail entre les « créateurs » et les « animateurs socio-culturels » amorcée avec Malraux et confortée avec Lang n'a cessé de se creuser ... L'institutionnalisation de l'esthétique, un certain post modernisme nihiliste, l'autonomisation et la professionnalisation de l'art ont souvent déplacé les préoccupations vers des enjeux purement formels... Le problème a été aggravé par la redéfinition de la culture comme « expression de soi » sous le ministère Lang, ce qui a brouillé les critères d'évaluation des oeuvres ».
Version syndicale François Le Pillouër (Président du SYNDEAC, directeur du théâtre national de Bretagne) :
« Nous sommes très inquiets pour l'avenir de la culture ... La RGPP témoigne d'une vision épicière de la culture ».
Version qualitative Emmanuel Demarcy Mota (metteur en scène, directeur du théâtre de la ville à Paris) :
« une politique culturelle de qualité doit accompagner les enjeux artistiques, entre expérimentation et reconnaissance de la mémoire : avec comme axes forts création et diffusion, élargissement du public, découverte d'oeuvres nouvelles et pluralité des esthétiques ». « La création n'est pas un acte éphémère mais s'inscrit dans la durée. Il faut diffuser les oeuvres, les faire circuler dans la confrontation des équipes artistiques ».
Version d'outre-tombe Philippe Avron (comédien) : « J'ai besoin des publics.
« Soyez les ingénieux chimistes de nos métamorphoses », lui dit Skakespeare. Tant qu'il n'y a pas cette alchimie avec le public, on ne peut pas avancer. Il y a trois choses au théâtre, dit Brook : le public, les artistes et la troisième chose, la chose qui fait qu'on comprend ce qu'on dit ».
Version politique culturelle Olivier Py (metteur en scène, alors directeur de l’Odéon) :
« La culture n'est pas un luxe. Notre modèle culturel est un beau modèle, il faut lui donner les moyens d'exister ». « Voilà de nombreuses années que nos dirigeants, tous partis confondus, de droite comme de gauche, ne font plus de la culture un argument important de leur démarche politique. Je suis très surpris que la culture tienne aussi peu de place dans leurs discours... Pourtant, faire de la politique, fondamentalement, c'est faire de la culture : c'est chercher à donner un sens à nos vies ».
Version du quotidien Emmanuel Ethis (président de l’université d’Avignon, sociologue du cinéma) :
« La culture est un projet quotidien que l'on doit remettre sans cesse sur l'établi »
Version pour un lien avec la Cité Joël Dragutin (metteur en scène et directeur de théâtre) :
« Le désengagement de l'Etat entraine un risque véritable pour l'activité culturelle du pays. Mais le plus dangereux est dans doute le désintérêt d'une large partie de la classe politique envers la culture. La culture n'est plus une priorité, elle n'est même plus une mode ... Il suffit pour le constater de se référer aux dernières campagnes électorales : aucun candidat n'avait vraiment de projet culturel ambitieux, ni à droite, ni à gauche. C'est cela le plus alarmant, surtout en période de crise économique, alors que les citoyens sont en quête de sens face à un monde de plus en plus complexe et que les simplifications obscurantistes redeviennent de dangereuses tentations ». ....
A chacun de poursuivre un verbatim personnel. Rappelons simplement l'extrait d'un récent débat aux conseils municipaux de Paris et d'Albi dans une paraphrase d'Abraham Lincoln : « Vous trouvez que la culture coûte trop cher. Essayez l'ignorance ! ».
Nous assistons à des évolutions majeures : démultiplication de l’offre, disponibilité croissante de celle-ci, formes artistiques renouvelées, demande accrue de lien social, nouveaux modes de réseaux de communications, vecteurs télévisuels souvent sans ambition, vacance du sens des choses , ... Face à cela, la culture est ouverture aux autres, au monde, aux influences artistiques multiculturelles, ... Même si Albi trouve cette ouverture dans la coopération décentralisée initiée avec Abomey, elle est quelquefois trop « centrée » sur elle-même et ne cherche pas à « s'exporter » culturellement. Au delà des efforts de communication qu'il convient sans doute de faire, il revient à chaque acteur de nouer, dans son domaine, des partenariats qui favoriseront cette ouverture. En ce sens, les contacts créés par un acteur culturel albigeois ne pourront que servir, susciter la curiosité des autres acteurs culturels. C'est un élément du dialogue intrinsèque à l'action culturelle. La culture ne se consomme pas, elle se cultive, et l’on s’y cultive, ce qui signifie qu’à son contact, l’individu se transforme.
Pour lutter contre cet état, nous devons favoriser le bon équilibre et la rencontre entre grand public et public initié ; La culture a sa place dans une approche très large du développement durable. La ville propose la notion d'un Agenda 21 culturel, fruit des contributions souhaitées au projet culturel proposé.
La culture est aussi un refus de l'anonymat, de la banalisation du territoire (cf les ouvrages de Françoise CHOAY), refus de toute « massification des esprits ».
A cet égard, l'héritage culturel ne relève pas d'un hommage mais bien de la confrontation au vivant. Malraux, toujours, disait que « Hier, c'est demain ».
Cette histoire est fortement bouleversée actuellement avec une concentration vers les pôles régionaux tant des structures institutionnelles que des groupes industriels et financiers, voire des soutiens financiers des partenaires.
L'enjeu d'attractivité est majeur puisque le maillage territorial n'est plus évident. Si le patrimoine est sans doute, et encore plus qu'avant, le premier facteur attractif de notre ville, la culture doit en être le catalyseur.
Si une ville vit culturellement avec intensité, l'envie d'y vivre, de venir y passer une soirée, de s'y arrêter lors d'un séjour touristique, de la connaître, de la reconnaître, sera présente.
Ainsi, la culture à Albi doit s'appuyer sur la richesse du patrimoine bâti de la ville, et doit être au coeur du développement du patrimoine immatériel de la ville, que nous savons riche aussi.
Le projet des Cordeliers sera, à ce titre , un bel exemple d'attractivité patrimoniale et culturelle : on viendra voir un spectacle, un film dans un lieu symbole du patrimoine bâti de demain.
De même, pourquoi ne pas innover au niveau des lieux et créer des événements culturels dans des lieux patrimoniaux méconnus ou délaissés (cours d'hôtels particuliers, auditoriums existant dans certains lycées, ...) ?
L'attractivité nécessite également une identification.
La pluridisciplinarité, évoquée plus haut, doit sans doute être mise en avant dans les manifestations culturelles.
La taille de notre ville le permet à l'exemple de la « Nuit Pastel », des Insolites, ou du « Printemps des Cultures », à Cantepau.
La notion de pluridisciplinarité a été souvent mise en avant par les acteurs culturels. Elle peut être aussi désignée par la transversalité. De même que les découvertes scientifiques se font plus aujourd'hui grâce au croisement de disciplines différentes que par la recherche fondamentale, l'Art de 2011 est mutation, innovation et trouve largement son énergie dans de nécessaires croisements, dans la confrontation, dans « l'agitation » au bon sens du terme.
La présence de la métropole toulousaine ne doit pas être vécue, culturellement, comme une compétition mais comme une opportunité. Si nous proposons des formes originales, le public toulousain n'hésitera pas à venir ... et il est nombreux.
De même, cette proximité peut favoriser les contacts et échanges entre professionnels, et c'est aussi par ce biais que la réputation , voire la singularité d'Albi, sera connue. Un atout culturel majeur d'Albi reste bien entendu le musée Toulouse Lautrec, le seul musée de la région qui possède une image internationale.
Notre offre culturelle doit aussi s'intéresser au public touristique. Cette offre se situe, temporellement, à contre temps de l'offre proposée aux albigeois. Chacun doit donc s'interroger sur ce qu'il peut proposer à ce public, contribuant ainsi au développement économique local évoqué ci-dessous.
Forte de ses atouts, de la qualité de l'offre culturelle, en sachant garder modestie et raison, Albi peut regarder Toulouse droit dans les yeux et se positionner en termes de complémentarité. La communication est également un élément important de l'attractivité. Certes il existe aujourd'hui « Sortir à Albi » qui est intégré chaque mois dans Albimag et envoyé en tiré à part à 3 000 exemplaires dans le Tarn et tous les offices de tourisme de la région.
Il faut peut être chercher de nouvelles idées en utilisant les nouveaux moyens de communication (internet, réseaux sociaux, ...) et/ou en ciblant des communications plus larges (revues spécialisées nationales, ...) .
A l'instar de la « marque » évoquée lors des Etats généraux de l'Albigeois, il nous faut sans doute avoir une démarche de promotion des acteurs culturels du territoire qui nous permettra aussi de formaliser notre identité culturelle et évoluer vers plus de cohérence.
Enfin, l'attractivité de notre ville est l'affaire de tous : les meilleurs ambassadeurs sont les albigeois eux mêmes, quand ils sont en déplacement, ou quand ils renseignent des visiteurs. Notre enjeu est peut être de faire en sorte que les albigeois connaissent mieux tout ce qui se passe au niveau culturel sur Albi, et non pas uniquement ce qui les intéresse, afin qu'ils puissent être des ambassadeurs avertis. La notion d'Ambassadeur d' « Albi, la Cité Episcopale » est riche. Elle le sera encore plus à travers l'idée d'ambassadeurs culturels de notre ville.
La culture est une ambition collective : l'épanouissement personnel est facteur de cohésion sociale, de « bien vivre » dans la cité.
Le public pour répondre à l'offre culturelle et se l'approprier doit pouvoir la connaître et y accéder.
La vie culturelle doit permettre qu'il “se passe toujours quelque chose” dans la vie intellectuelle albigeoise et nécessite des équipements petits ou grands ...
Il s’agit de fonder la société républicaine sur un individu citoyen, actif, éduqué, cultivé, autonome. - la culture est indissociable de la formation, de l'aide à la connaissance, pour en favoriser les pratiques.
Il est donc essentiel de créer des liens avec l'Education Nationale et l'enseignement supérieur où sont dispensées certaines disciplines culturelles.
Il faut également favoriser les initiatives visant un public plus larges, telles que les conférences, les rencontres d'artistes ...
Les associations et les artistes locaux sont aussi de formidables médiateurs ou « passeurs » pour partager, expliquer, rassembler, faire aimer, créer ...
L'Ecole Européenne des Arts et de la Matière (EEAM), implantée à Albi en 2009, a ouvert de nouveaux horizons : le nombre de métiers autour de la culture est vaste et les formations nombreuses.
Quelle place faire à de nouvelles formations à Albi ? Quels sont les métiers spécifiques qu'Albi pourrait accueillir ? Comment professionnaliser des techniciens qualifiés ?
Un master « stratégies culturelles internationales » ouvrira à la rentrée de septembre 2012 et phénomène rarissime et précieux, les acteurs culturels ont été associés à la préparation de la maquette pédagogique. Quels autres masters développer à Albi (écriture du son, ...) ?
Les liens créés par le GMEA (labellisé nationalement en tant que Centre National de Création Musicale) ou l'Université du Mirail (maîtrise ARTECOM) constituent un point de départ.
La culture est émotion, plaisir, découverte, beauté, création, poésie et rêve, incitation à la remise en cause, ouverture du champ des possibles, renouvellement des idées.
Le cycle nouveau s’amorce dans la tension et mise sur le long terme, avec le sentiment profond que le spectacle n’est pas un simple objet de fête sociale mais un instrument de création, intimement lié à la mémoire, à la marche et aux contradictions du monde.
La culture vit par et avec les artistes dans la plus grande liberté, et contrairement à une idée répandue, ceux-ci ne souhaitent pas vivre que « pour la beauté de l'Art ». Il existe une économie de la culture.
De même que la culture est un élément de l'attractivité albigeoise, notre ville a la responsabilité d'animer une « économie locale de la culture » qui fait vivre de nombreuses personnes.
Ainsi, il a été souhaité de valoriser les compétences locales existantes, de créer des séminaires, de créer les conditions d’un faire savoir vers l’extérieur.
Ceci rejoint le travail déjà amorcé sur la formation.
La culture est un moteur pour Albi, tant humain qu'économique.
La culture Albigeoise doit savoir faire émerger un mécénat local tant financier que de compétences
Dans la même logique que celle des Etats généraux de l'Albigeois qui ont suivi l'inscription de la cité épiscopale au patrimoine mondial de l'humanité, Albi doit anticiper sur les débats tendant à fixer le curseur, l'équilibre entre culture et économie, patrimoine et économie (cf les débats actuels sur le rôle des Musées, « le Louvre » ..)
Le travail social sur la culture a fait l'objet d'une approbation unanime à l'exemple de la convention, Scène Nationale – Vie des Quartiers.
C'est tout l'objet de la médiation culturelle, des passeurs culturels avec le souhait particulier d'éviter que le public soit centré sur son seul quartier mais bien invité à partager la ville et le projet culturel.
Plutôt que de relancer l'éternel débat du monde culturel sur « quel équilibre entre la recherche de l'accès au plus grand nombre et la rigueur d'une offre sans concession ? »
Les acteurs Albigeois insistent sur l'importance des passerelles, des interfaces, des relations entre spectacles.
Le rôle des maisons de quartier est primordial dans cet objectif d'accès pour tous à la culture. C'est un lieu d'information et d'espace pour ces passeurs culturels. Cela peut être un marqueur propre au projet culturel Albigeois. Ce sont des lieux, parmi d'autres dans les quartiers, où il doit se passer des événements culturels, car, si l'objectif est que le public vienne à la culture, il convient aussi, et c'est peut être la clé de la réussite, que la culture aille vers le public, le public jeune, le public plus âgé.
Toute nouvelle interface sera précieuse.
Des équipements de quartier aux lieux universitaires ou secondaires, du centre communal d'action sociale aux acteurs économiques, de l'arrivée de nouvelles populations à l'affirmation de notre singularité culturelle par rapport à Toulouse, les exemples peuvent être multiples.
Une question majeure est sans doute de savoir comment éviter que le mot culture fasse peur ?
Chacun doit d'ailleurs se poser la question de savoir comment la culture se transmet en 2011.
L'interrogation n'est pas propre à un projet culturel municipal.
Elle est aussi celle de tout acteur comme du Ministère de la Culture.
Ne faut-il pas changer la représentation même de la culture dans l’esprit des uns et des autres ?
La notion de culture partagée et l'idée d'un mouvement de va et vient, visant à dédramatiser, sensibiliser, familiariser le plus grand nombre, doivent être une préoccupation permanente
La culture est une composante présente dans toutes les actions municipales, à l'exemple des aspects éducatifs, sociaux, urbains et en particulier architecturaux (notamment contemporains)...
Elle est un levier de développement et d’intégration.
Elle est présente dans le projet éducatif local de la ville et de nombreuses associations culturelles interviennent sur des activités périscolaires formalisées dans le CEL (contrat éducatif local)
De même les associations et structures culturelles proposent des actions dans tous les quartiers d'Albi.
Nombre d'entre elles sont d'ailleurs intégrées dans le Contrat Urbain de Cohésion Sociale, lorsqu'elles interviennent dans les quartiers classés en Zone Urbaine Sensible.
Au risque d'être taxé d'utopiste, la convention Scène Nationale / CCAS doit être citée.
Un nouveau public est ainsi touché.
La ville soutient également de nombreux événements culturels, petits et grands, en centre ville et dans les quartiers.
Ce soutien logistique, financier et/ou informatif, ne peut être , bien entendu , systématique et doit être appréhendé comme un partenariat cohérent avec ce projet culturel.
La ville doit aussi savoir adapter ses équipements afin de répondre à la demande culturelle amateur ou professionnelle. Il existe des besoins locaux à couvrir dans le respect des disciplines très différentes.
Le respect de ces différentes disciplines est essentiel à l'exemple du travail en cours avec Pollux.
La culture a pleinement sa place dans la politique albigeoise.
La première application est de rassembler la population autour de la culture, sur des lieux de vie, sur des « coeurs battants de la cité ».
La place Sainte Cécile a été conçue dans cette optique.
Les projets « Cordeliers » et « République » le seront encore plus.
Finalement, l'objectif à atteindre que l'on raisonne théâtre, danse, musique... et notamment dans la perspective Cordeliers, est de ne plus entendre un « ce n'est pas pour moi ». La culture est bien pour chaque Albigeois.
Au delà des affirmations et définitions, que nous faisons nôtres, mesurons notre réalité :
- la force du couple albigeois, Culture – Patrimoine - une ville dans une culture en mouvement - la culture au coeur de la vitalité intellectuelle de la cité - les hommes, les pratiques, les organisations
La force du couple albigeois, Culture / Patrimoine
Investir dans la culture Investir, en période de crise, dans la culture, dans le patrimoine, dans l'économie de la connaissance est un acte de prudence, d'optimisme raisonné, de préparation de l'avenir, de développement et de soutien à l'emploi. A l'heure où la ville d'Albi décide d'investir significativement dans la culture, elle réaffirme que le projet des Cordeliers sera au service des Albigeois autant qu'au service de l'attractivité d'Albi et de son territoire d’implantation. Le tryptique culture, patrimoine, université et innovation qui fait et fera plus encore demain l'identité d'Albi trouve dans ce projet sa meilleure déclinaison.
Depuis de nombreuses années, la ville d'Albi conduit une politique raisonnée pour protéger et valoriser son patrimoine.
Au sein d'une agglomération dynamique, cette Cité vivante et animée bénéficie d'aménagements importants qui se conjuguent à l'histoire de la ville.
Une rénovation identitaire, créatrice de lien social, écologique, ouverte à la diversité des usages, allie ces valeurs aux fonctions contemporaines d'une ville, fonctions à assumer pleinement sans pour autant se laisser submerger.
Ce respect des hommes et des lieux fonde un humanisme de ville.
Aujourd'hui, le visiteur peut connaître d'intenses sentiments au rythme de sa rencontre avec le site : éprouver intimement la force des monuments, ressentir la couleur chaude des briques, la déclinaison de la lumière, s'émerveiller à la découverte des richesses intérieures de la cathédrale, percevoir la puissance exceptionnelle du palais de la Berbie au gré de la visite du musée d'Henri Toulouse-Lautrec installé en ses murs.
La Cité épiscopale d'Albi est assurément porteuse d'une communion universelle autour de sa valeur patrimoniale mais aussi de l'actualité culturelle, de cette présence de la création et de la diffusion à côté des mouvements emblématiques.
En ce sens, il est maintenant mieux compris que le projet des Cordeliers ait figuré dans le dossier des engagements présentés à l'Unesco à l'occasion de la démarche de classement au Patrimoine Mondial.
L'inclination naturelle au partage et à l'ouverture est inscrite dans l'histoire et la tradition albigeoise.
L'inscription de la Cité épiscopale est conforme à la vocation de ses principaux édifices, aux valeurs culturelles humanistes enracinées en ces lieux et aux talents des concepteurs, des bâtisseurs, des peintres, sculpteurs, connus ou inconnus.
Cette reconnaissance, construite grâce à un travail de fond de plusieurs années, s'inscrit dans une démarche de gestion à long terme qui se veut résolument porteuse des valeurs universelles de l'UNESCO.
Les échanges internationaux sont à ce titre, à nos yeux, un élément constitutif de cette démarche. Les générations à venir auront la responsabilité de poursuivre l'évolution de notre ville tout en continuant à chérir et protéger ce site unique. Mais surtout, elles pourraient dorénavant mieux le faire découvrir au monde et en partager avec passion les valeurs, le sens, l'universalité.
Le projet des Cordeliers va répondre à cette demande. Il va aussi permettre d'offrir ces spectacles au public qui n'avait pas les moyens d'aller les voir ailleurs. En effet, le théâtre des Cordeliers, avec le TNT de Toulouse, seront les seuls sites régionaux disposant d'un telle qualité, que ce soit d'un point de vue du confort du spectateur et des artistes, que de la performance technologique des équipements.
C'est bien ce qu'il fallait à Albi pour avoir un projet culturel ambitieux.
C'est bien ce qui permettra à l'Albigeois de trouver de nouvelles complémentarités avec Toulouse. La culture est un point d'appui proposé par Albi à Toulouse dans sa démarche métropolitaine. Le projet des Cordeliers ne se fera pas “ au détriment de” ou “à la place de”.
C’est un projet architectural, majeur, appropriable par chacun, ouvert sur la ville, transparent. Il vient en complément. Il réunit le spectacle, le cinéma dans toutes leurs formes, auprès de la Médiathèque. C’est avant toute chose, un espace des cultures partagées, un symbole de la culture en mouvement, vivante, au service du plus grand nombre. Il est la porte de notre cœur de ville, une fenêtre ouverte sur l’avenir, geste architectural ample, attirant en tant que tel, emblème de nos forces, de notre attractivité.
Citons les formules du représentant de l'Etat à l'occasion du dernier Conseil d'Administration de la Scène Nationale définissant les Cordeliers : « un équipement à l'âge de l'Unesco », « une exigence calme ».
Le projet des Cordeliers est au coeur du tryptique albigeois patrimoine-culture-éducation (de la maternelle à l’université) par sa contribution : - à la diffusion (oeuvres contemporaines ou héritées du passé)-création - - au développement des pratiques - à la cohésion – à l'identité – au lien social Il concerne le cinéma et le spectacle . Il est nécessaire pour: - donner à Albi sa pleine place au coeur du nord de Midi- Pyrénées - offrir de nouveaux lieux de pratiques, de répétitions et de diffusion.
Et faciliter les pratiques amateur, en rendant plus disponibles les autres salles du parc albigeois, dont le théâtre et le gymnase,
- favoriser le développement de l'éducation aux arts vivants,
- donner place à une architecture résolue, pensée pour notre ville, dans une Région qui n'a pas su s'ouvrir à l'architecture contemporaine en répétant inlassablement un pastiche (les revêtements de briquettes sur béton) de l'architecture méridionale.
- ouvrir la ville à de nouvelles richesses intellectuelles, en accueillant l'art vivant (+ de 60% des spectacles produits en France ne peuvent être, aujourd’hui techniquement présentés à Albi).
- doter Albi d'un lieu fort de rassemblement, facteur d’identité et de cohésion en en favorisant l’accessibilité, la diversité, le décloisonnement, pour les usagers (spectateurs ou acteurs) , devant l’écran, depuis la scène ou un fauteuil.
Le projet des Cordeliers est marqué par la construction d'un élément central fort : la construction de deux nouvelles salles de spectacles. Ces nouveaux équipements de 900 et 250 places, seront mis à disposition de la Scène nationale d'Albi qui en assurera la gestion. Dès lors quel projet culturel et artistique y sera-t-il développé ?
Pour gagner son enracinement, sa solidité, son rayonnement local, régional et national, le réseau des Scènes nationales est fondé sur trois missions fondamentales :
- Une diffusion pluridisciplinaire de spectacles de référence, théâtre, musique, danse, arts de la piste, dans la diversité des formes et des expressions, mais aussi des formes émergentes croisées et/ou technologiques (image numérique).
La diffusion doit témoigner des démarches et des recherches d’aujourd’hui, et comprendre également les formes vivantes du répertoire, avec la volonté de témoigner des courants des souffles et des personnalités qui colorent la création aujourd’hui en France et au-delà.
Une présentation respectueuse de la variété des gabarits de spectacles, des plus intimes aux plus populaires.
Une meilleure connaissance des cultures du monde est de nature à acquérir une meilleure compréhension du monde tel qu'il va.
- Un soutien aux équipes de création, qui favorise le renouvellement du répertoire et l’émergence de nouveaux talents, par-delà les langages artistiques multiples et contemporains, créer les formes d’un dialogue, exciter le rêve et la réflexion, susciter la curiosité.
- Le développement et la fidélisation des publics, l’insertion sociale de la culture en priorisant une action culturelle en direction des publics et spécifiquement l’éducation artistique, l’éveil du public jeune et du jeune public (écoles, collèges, lycées, monde du travail, université, quartiers…)
Nous partageons depuis de longues années ces objectifs, nous voulons les conforter.
Le projet des Cordeliers, favorisera le développement des missions de la Scène nationale en favorisant ce rapport création, diffusion, rapprochement des publics pour le spectacle comme pour le cinéma d’art et d’essai dans la salle Arcé, chère aux cinéphiles dont l'activité sera maintenue y compris pendant la période de travaux grâce à l'aménagement de l'auditorium du Bon Sauveur.
Pour sa partie cinéma (commercial et art et essai pour partie), la gestion sera confiée à une entreprise ad hoc, comme de tous dont la tâche sera d'augmenter les publics et de mieux répondre aux attentes en sachant aussi franchir le cap du numérique.
Albi, riche d'une ‘’offre culturelle’’ forte, en équipements, festivals, initiatives...
Musée Toulouse Lautrec
Médiathèque d'agglomération Pierre Amalric (coeur de Ville et Cantepau) et sa politique de lecture publique.
Une Scène Nationale (spectacles vivants et cinéma)
Un centre d’Art
Un centre de création musicale
Un théâtre municipal
Hôtel Rochegude et son centre occitan
Musée Lapérouse
Un parc de salles dans les quartiers comme en centre ville
Une nouvelle délégation de service public au Parc des expositions
Des festivals ( Pause Guitare, les Oeillades, Rétine, Urban…)
Une Maison des Jeunes et de la Culture
Un conservatoire de musique et de danse
Une école européenne des arts et de la Matière
Le carnaval
La Nuit Pastel
Un parc de salles de cinéma (associative ou commerciales)
Une richesse patrimoniale, architecturale, de culture occitane,
Un fonds de manuscrits remarquable
Les orgues
Un patrimoine bâti plus récent mais important
Une identité urbaine, des richesses archéologiques, des traces de l’évolution de notre cité, historiques, industrielles…
La présence de galeristes, de libraires, de différentes personnes ressources, d’artisans d’art, de créateurs, d’artistes, en de nombreux domaines, musique, théâtre, danse, arts du cirque, bandes dessinées, arts visuels et plastiques, architectes…
Une nature généreuse, un environnement préservé,
Une vie de quartier, des temps forts variés ( Printemps des cultures...), des conseils de quartiers, attentifs et « proposant », une programmation estivale.
Un service culturel et d’animation doté d’un centre technique du spectacle.
Une vie associative riche et diversifiée, souvent interactive et capable de s’attacher aux domaines les plus répandus comme aux particularismes les plus discrets, manifestation des volontés d’expression de nos concitoyens.
L’inventaire n’est pas exhaustif…
Demain un pôle jeunesse « République », doté d’espaces dédiés.
Si nous nous devons de conserver nos richesses patrimoniales, notre but à travers cela est d’en favoriser la transmission. Notre responsabilité tient à la préservation d’un patrimoine ‘’animé’’, au sens étymologique: qui possède une âme, témoigne du passé mais vit et se projette. C'est notamment l'objet du plan de gestion, tome II du dossier de candidature qui, sans le développer ici, nous invite à :
- favoriser le développement de démarches éducatives, d’ateliers artistiques (en particulier en direction des plus jeunes)
- valoriser le patrimoine émergent (églises du Breuil ou de Rayssac classées et susceptibles de devenir ‘’Patrimoine du XXème siècle, comme le bâtiment des douches municipales ou l’ancien cinéma Idéal, élément fort du projet progressif du Pôle Jeunesse, dit « République »).
- s’appuyer sur une démarche scientifique (relevés archéologiques, datation, fouilles).
- organiser la transmission des connaissances leur enrichissement pour le plus grand nombre (colloques, conférences, recherche scientifique, thèses avec l’Emac ou l’Utm, l’université) permettre la ‘’vulgarisation’’ de la connaissance
- valoriser les savoir-faire locaux en les replaçant au coeur de problématiques contemporaines en lien avec le développement rural
- développer un sentiment de fierté tout en restant attentif et ouvert au monde dans une logique de coopération, et d’échanges dans la continuité du voyage de Monsieur Lapérouse
- ouvrir nos portes au monde en définissant un tourisme de qualité à l’image de la Ville, et développer des concepts nouveaux à l’égard des visiteurs
- développer le croisement des publics, créer des supports pour aider les Albigeois à être les ambassadeurs de leur propre ville.
Conjuguer patrimoine bâti et patrimoine immatériel semble évident pour les ouvrages majeurs de la Cité.
Citons les “savoir faire” (la brique, le pastel, ...), les marqueurs sociaux (les accents, l’occitanie) et les expression populaires, comme par exemple “faire le Vigan”, qui font référence à des spécificités locales.
Notre enjeu est de perpétuer ce patrimoine qui se transmet traditionnellement par l’oral et plus généralement de perpétuer la culture Occitane.
La constitution d'un pôle d'édition (sans prétendre rivaliser avec le magnifique travail d'Arles) Albigeois nous semble un objectif pertinent.
Albi une ville ouverte à l'international Suivant la formule d'Olivier Sadran à l'occasion des Etats Généraux de l'Unesco : « Avec le classement au patrimoine mondial, c'est la mondialisation qui est venue à vous ».
Echanges et partenariats sont à l'ordre du jour.
La confrontation à la création contemporaine internationale est un axe du projet culturel Toulousain.
A l'échelle Albigeoise, cette question se pose aussi.
Au delà du classement au patrimoine mondial, du rayonnement international du Musée Toulouse Lautrec ou du Musée Lapérouse, des contacts noués par le GMEA ou Arpèges et Trémolos, c'est toute la société Albigeoise qui est invitée à s'ouvrir encore plus à l'international.
C'est l'un des domaines où une collaboration peut être espérée entre monde culturel de notre cité, EMAC, Centre Universitaire Champollion, pour aller plus loin dans cette ouverture.
PVéritable lien social, élément transversal de la vie albigeoise et de l'accès à la connaissance, la culture doit être un élément central de l’identité albigeoise.
Le lien avec l'urbain comme l'économie ou le social est évident. La notion urbaine est essentielle. Si l'idée du projet des Cordeliers a pu surprendre, il s'agit bien d'un projet d'hommes et de femmes qui veulent créer du lien, de la mise en commun.
Cette approche culturelle est de long terme et cohérente. Si un lecteur a encore un doute, il est oh combien passionnant de consulter le projet urbain Toulousain.
Est exprimée comme centrale l'idée de structurer Toulouse autour de l'axe Garonne défini non seulement comme géographique ou fluvial mais d'abord comme « Axe Culturel et Patrimonial ».
La ville d'aujourd'hui nous ramène au couple « culture et patrimoine » et démontre combien Albi y est légitime, combien Albi est légitime à exprimer une ambition culturelle.
La relation avec Toulouse peut être poussée plus loin tant Albi a à gagner à travers Musée, patrimoine, classement au patrimoine mondial à s'inscrire dans la réflexion métropolitaine. Il reste à lui donner corps et sens grâce à des partenariats locaux clairement souhaités par les acteurs culturels Albigeois lors des séances de travail. Il s'agit là d'une construction de moyen terme pour trouver ses passerelles entre acteurs professionnels. Ceux-ci ont souligné combien était nécessaire à Albi un lieu de diffusion d'aujourd'hui pour assurer à des partenaires Toulousains une réciprocité tant pour la création que la diffusion.
Cette identité se trouve à travers son histoire, ses “grands hommes” , sa population (qu’elle soit ancrée depuis plusieurs générations, qu’elle vienne d’ailleurs ou qu’elle soit de passage) son aptitude à gérer pluralité et diversité des populations comme des idées et son art de vivre.
Cette identité culturelle doit transpirer dans les actions menées par chacun des acteurs afin d’être évidente depuis l’extérieur. Pluridisciplinarité, croisement, transversalité ont été mis en avant. A choisir un fil conducteur, il s'agit de mettre en oeuvre une dynamique du croisement.
Un quartier culturel, symbole de cette identité culturelle Avec l’aménagement urbain des Cordeliers, en cours de réalisation, la ville va créer une “allée culturelle” qui reliera la Cité Episcopale au parc Rochegude.
En parcourant cette allée, on pourra voir le théâtre d’Albi, la statue Lapérouse, la médiathèque Pierre Amalric, le nouveau théâtre des Cordeliers, le nouveau complexe cinématographique, la salle Athanor (appelée aussi “le Gymnase”), l’hôtel Rochegude et l'auditorium du Bon Sauveur.
Ce “quartier culturel”, qui sera également la porte d’entrée touristique de la ville, drainera de nombreux flux de personnes et favorisera la mixité, les rencontres et les échanges . Notre enjeu sera de créer les conditions pour que ces populations ne fassent pas que passer mais s’arrêtent pour découvrir de nouveaux horizons culturels.
Une attention particulière sera portée au fait que ce “quartier culturel”, symbole de l’identité culturelle albigeoise, ne concentre pas en son sein toutes les animations culturelles mais, au contraire, rayonne dans tous les autres quartiers de la ville.
La capacité de la ville à disposer d’une offre culturelle forte et originale contribuera à la réussite de cette ambition. De même, la présence de structures d’enseignement supérieur, de recherche et de formations innovantes (couleur, matière), peuvent donner à Albi une spécificité en matière de culture scientifique, et représenter ainsi un autre marqueur culturel de notre ville .
La culture scientifique justifierait à elle seule des développements complémentaires. C'est aussi tout l'enjeu des évènements culturels. Ils doivent être vus en premier lieu comme des Festivals mais aussi dans l'idée qu'un événement est d'abord mise en commun, moments partagés, vie collective partagée.
La culture et le territoire
Oui à un projet culturel Albigeois. Mais comment s'inscrit-il par rapport au territoire ? Et quel territoire ? La ville centre ? Le bassin de vie ? Si c'est le bassin de vie, comment le rôle central de la ville-centre dans la création, la diffusion culturelle et l'animation des territoires est-il pris en compte ? Et comment organiser le relais avec les métropoles d'un côté et les territoires ruraux de l'autre ?
Et si l'on revient aux enjeux de la démocratisation culturelle, l'enjeu de la prise en compte de l'effort culturel des villes-centre est encore plus fort.
La Fédération des Villes Moyennes, à laquelle participent activement ville d'Albi et agglomération Albigeoise, a émis des propositions :
- Redonner toute leur place aux villes moyennes dans les initiatives du ministère comme dans les politiques départementales et régionales.
Trop souvent le discours culturel est polarisé entre l'autonomisation des métropoles régionales et le soutien des communes rurales, laissant de côté la multitude des actions portées par les villes moyennes (qui regroupent 1/5 ème des Français sur le territoire communal et ¼ d'entre eux sur le territoire intercommunal).
- Intégrer plus de villes moyennes dans les appels à projets et expérimentations. En particulier le rapport Bouët (sur la relance du partenariat entre l'Etat et les collectivités dans le domaine culturel) pourrait accorder une attention accrue aux villes moyennes dans ses propositions.
En effet, l'objectif formulé par le rapport est de « laisser chaque territoire inventer un mode de partenariat qui lui soit propre » ; les conclusions ont surtout été entendues à ce jour par les grandes villes.
- Reconnaître le rôle spécifique des villes moyennes en faveur de la démocratisation culturelle et de l'animation de vastes bassins de vie. Améliorer la mise en oeuvre des projets au niveau local en facilitant les relations entre les collectivités et les représentants des ministères en région. Sur le plan financier, la pérennité des projets pourrait être assurée par la signature entre les villes, les départements et les régions, les DRAC – de conventions d'objectifs et de moyens (et non pas seulement des conventions d'objectifs), prévoyant des plans de financement pluriannuels (et non un renouvellement annuel des aides).
Ces conventions doivent également permettre de définir, de façon concertée, les priorités de l'action culturelle et les objectifs partagés dans ce domaine.
Enfin, le système du conventionnement doit demeurer assez souple pour garantir intacte la capacité d'initiative et de créativité des villes moyennes.
La loi du 16 décembre 2010 de réforme des collectivités territoriales aura t-elle un impact sur l'action culturelle des villes moyennes ? Répartition des compétences
A titre exceptionnel, la loi indique que les compétences sont partagées entre plusieurs catégories de collectivités pour trois secteurs : la culture, le sport et le tourisme. La commune et la communauté continuent de bénéficier par ailleurs de la clause générale de compétence.
Ce dispositif nouveau entrera en vigueur au 1er janvier 2015.
Une clause de revoyure est prévue avant 2018, entre les représentants du Parlement, des collectivités territoriales et des administrations de l'Etat, pour évaluer la mise en oeuvre de ce dispositif et proposer les mesures d'adaptation jugées nécessaires.
A compter du 1er janvier 2015, le cumul de subventions (d'investissement ou de fonctionnement) en provenance de la Région et du Département est interdit pour un même projet mais autorisé pour :
- les subventions de fonctionnement en matière de culture, sport et tourisme (quels que soient la catégorie et le poids démographique de la collectivité concernée, – article 77 de la loi) ; - les régions qui auront élaboré, conjointement avec les départements qui en font partie, un schéma d'organisation des compétences et de mutualisation des services.
Ce document devra prévoir notamment les délégations de compétence entre les différentes entités, les interventions financières respectives de chacune des collectivités, les conditions d'organisation et de mutualisation des services (article 75 de la loi). Il apparaît clairement que la loi de 2010 laisse intactes les possibilités de financement dans le champ culturel et invite Département et Région à se saisir de cette action par la voie de schémas permettant mutualisation comme hiérarchisation.
En s'excusant par avance de toute omission involontaire, la liste des acteurs culturels de notre ville est une invitation à faire vôtres les projets culturels de chaque acteur culturel Albigeois et en même temps de mesurer combien un projet culturel Albigeois ne peut être une compilation de projets. Le projet culturel est synthèse et invitation faite aux acteurs de croiser leurs énergies, leur curiosité, leur créativité.
Le projet culturel Albigeois est « un ». Il est bien invitation à partager.
Enseignement et formation artistiques : Conservatoire national de Musique et de Danse du Tarn (CMDT) Didier ARQUIER, Jean-Michel GAUTHIER, Anne HUDRISIER,
Ecole Européenne des Arts et de la Matière (EEAM) Marie-Christine MIGEON
Lecture Publique : Médiathèque d'agglomération Pierre Amalric et Bibliothèque de Cantepau C2A - Matthieu DESACHY
Maison des Jeunes et de la Culture : MJC d'Albi Présidente : Françoise GRACIANO Directrice : Marie PEYRILLE
Etablissements muséaux : Musée Toulouse-Lautrec (MTL) Président : Philippe BONNECARRERE Conservateur en Chef : Danièle DEVYNCK
Musée Lapérouse Président : Henry FERAL, Mme PESTEL, Henri COLOMBIE
Scènes / Théâtres : Scène Nationale d'Albi Président : Robert FABRE Président d'Honneur : Jean-Claude COMPAIN Directeur : Pascal PARIS
Théâtre municipal d'Albi Centre Technique du Spectacle de la mairie d'Albi
Théâtre de la Croix Blanche Président : Liberto GIMENEZ Directeur : Richard MASSOUTIER
Danse et théâtre La Clique Cie Président : Julien VALLS Guillemette de la VERGNE
Compagnie Les Mouches du Coche Béréngère DEMEAUTIS – Eric CAILHOL
ACT'AL Alain CORNUET
L'Acte Lié Sylvain LASCAZE - Stéphane PINCHON
Arte Facto Claire PROUHET
Organisateurs de Spectacles vivants : Arpèges et Trémolos Présidente : Mme LEHRMANN Directeur : Alain NAVARRO
Association Pollux David PAPAIX, Benjamin BASTIER, Marianne GRILLOT
Les Amis des Arts Louis Paul PONTHUS, M LALANNE
Cinématographie : CINE FORUM Président : Claude MARTIN
L'association du Vieil Albi et Alby coeur de Cité Président Serge VINCENT.
ACIA Président : André LAGRANGE
Les ateliers Mac Guffin Président : Pierre Paul Carrière
Exposition d'art contemporain : Centre d'Art LE LAIT Président : Georges Henri SER Directrice : Jackie-RUTH MEYER –
Musiques : Harmonie d'Albi Président : Jérôme JOUGLA
Association Christophe MOUCHEREL (Orgues) Alain BERTRAND
GMEA Présidente : Marie PEYRILLE Directeur : Thierry BESCHE
Association Polyèdres Président : Philippe MOLINIER Directeur artistique : Denis PASCAL
Occitanie : Centre Culturel Occitan Serge BAYRAC
Les services municipaux
Le service culturel Responsable : Sandrine CAMMAN
Responsable du Centre Technique du Spectacle :Pierre GAYRAL
La vie des quartiers et les maisons de quartier Responsable : Anthony PIASER
Ce rôle est défini par des instructions nationales : le cahier des missions et des charges des scènes nationales. Ce cahier des charges figure en annexe. Il est approfondi et adapté par le projet artistique du directeur, projet adopté par les collectivités locales et l'Etat au moment du recrutement du directeur et par périodes quadriennales.
Le service culturel de la ville a pour mission principale la mise en œuvre de la politique culturelle de l’équipe municipale. Il doit, dans ce cadre, être force de proposition et assurer une veille permettant d'adapter l'offre aux évolutions permanentes de ce secteur, en favoriser la réflexion et l’élaboration de propositions en phase avec le présent projet.
Cela passe en premier lieu par la formalisation de partenariats avec les acteurs culturels intervenant sur la ville, avec comme objectif de mettre en cohérence les actions portées par ces structures et les orientations souhaitées par les élus. Il est en relation permanente avec ces structures, participant également aux côtés des élus, aux assemblées générales, voire aux conseils d'administrations. Il a en charge toutes les aides que la ville apporte aux nombreuses associations culturelles, à savoir :
- les subventions de fonctionnement et d'équipement
- les subventions liées à une manifestation particulière
- la mise à disposition de locaux, de salles de spectacles
- l'apport de des moyens humains et techniques.
Il assure la gestion de plusieurs salles (le Théâtre, la salle du gymnase de l'Athanor, la salle de Pratgraussals, la ferme de Pratgraussals, l'hôtel Rochegude), mais aussi le suivi des bâtiments municipaux affectés et mis à disposition de structures culturelles.
Son rôle est aussi la coordination des actions menées et la recherche de cohérence de celles-ci sur le territoire. Ainsi, il organise des réunions de secteur afin que chacun, tout en gardant son autonomie et sa créativité, puisse tenir compte de ce que proposent les autres acteurs culturels.
Le service culturel, même s’il n’a pas vocation à organiser lui-même des manifestations culturelles, intervient aujourd’hui directement sur diverses animations :
- la fête de la musique, où il coordonne cette fête populaire et apporte un soutien logistique aux nombreux groupes qui se produisent ce soir là
- la Nuit Pastel, où il intervient en coordination des actions organisées par les différents acteurs
- la saison théâtrale , qu’il programme et organise
- Place(s) aux artistes, manifestation estivale qu’il organise en programmant au cœur de l'été, plusieurs soir de la semaine, des animations culturelles sur différents lieux de la ville, en faisant appels aux artistes régionaux et locaux.
Elle offre cette possibilité d’observer et de penser la trajectoire humaine, de forger en nous cette « émotion qui pense », de ne pas subir mais de choisir. Dans le respect de ses objectifs ou missions, il revient à chaque institution, à chaque association, dans la complémentarité, d’aller au-devant du public, en le rassemblant, en le fidélisant par des démarches d’information, de sensibilisation, d’accompagnement, en revendiquant les audaces de la modernité en même temps que les traces fondatrices.
Nous rechercherons, dans les marges d’actions qui sont les nôtres, des conventionnements avec ces acteurs, programmes mis en vie puis évalués.
En mai 2009, lors de la Nuit pastel, n’avons nous pas vécu un moment emblématique à ce propos.
La nuit des musées permettait à chacun de s’y rendre, diverses associations présentaient leur savoir faire, le patrimoine revêtait ses habits de lumière. Le cœur de ville palpitait quand un homme gravit dans l’émotion silencieuse, sur son fil, la tour du musée. Les spectateurs respiraient à l’unisson, suivant le pas du funambule dont l’image dans un trait de lumière semblait entrer par les vitraux de la cathédrale.
5000 personnes, ensemble conjuguaient le présent.
Depuis, grâce aux réunions de travail que nous avons eues avec les acteurs culturels albigeois, nous avons élaboré ce projet culturel albigeois partagé qui augure de belles perspectives pour notre ville, pour les albigeois et tous ceux qui viennent découvrir son patrimoine, sa culture et ses habitants.
Le département des études et de la prospective (DEPS) du Ministère de la Culture et de la Communication a publié il y a quelques jours ( www.culturemedia2030.culture.gouv.fr ) un rapport « Culture et médias 2030 » (La Documentation Française).