Mairie d'Albi
16, rue de l'hôtel de ville
81023 Albi Cedex 09

Le projet de l’équipe Dominique Perrault a été
retenu le 23
novembre dernier par le jury du
concours et a été présenté
lundi 14 décembre
au conseil municipal.
Dominique Perrault s'est rendu célèbre grâce, notamment, à la bibliothèque nationale
de France que l'on trouve à Paris. Son architecture est généralement caractérisée
par des formes simples avec un travail
d'intervention minimale. On retrouve aussi cette
marque de fabrique pour Albi. Celui-ci a opté
pour une géométrie simple, favorisant l'intégration
du bâtiment dans l'environnement et
dans un esprit de continuité urbaine.
Mais ce
sont plutôt les mailles métalliques, éléments
récurrents
dans son architecture, qui
donnent un style à ses projets. Ces "tissus" de
métal qui enveloppent les façades sont assez
manifestes de sa manière de concevoir l'espace
avec l'idée d'apparition/disparition de l'édifice.
Ils offrent une certaine perméabilité et
une ouverture vers l'intérieur tout en permettant
d'importantes économies d'énergie et
d'isolation.
Dominique
Perrault réussit avec ce projet à manier l’art
de jouer
avec le vu et le caché, l'extérieur et
l'intérieur, la matière et la
lumière. Le projet
albigeois signe là encore cette recherche
expérimentale de nouvelles formes d'espaces
publics.
Exerçant son métier à l'étranger avec des projets
souvent audacieux,
Dominique Perrault
jouit d’une réputation internationale. Non loin d'Albi, il vient d'achever l'hôtel
d'agglomération Perpignan Méditerranée. Il
est également intervenu à Lille ainsi qu'à
Rouen. La signature d'un architecte de renom
dans une ville est aujourd'hui un levier supplémentaire
d'attractivité qui allie les aspects
fonctionnels, esthétiques et artistiques dans
une même démarche avec un esprit d'ouverture
et d'échanges.
Pour plus d'informations, vous pouvez consulter le site de l'agence Dominique Perrault Architecture (DPA)
Dominique Perrault, l'architecte des Cordeliers, a répondu aux questions d'Albimag TV lors de sa venue à Albi, le 14 décembre 2009, jour de présentation du projet par la ville aux Albigeois, à la presse ainsi qu'aux partenaires du projet.
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itw de Dominique Perrault, architecte des Cordeliers d'Albi
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Comment avez-vous appréhendé ce projet
compte tenu du quartier où il est situé ?
L'acte fondateur pour moi était de proposer un
projet qui mette en scène un grand théâtre. Si j'ai
déjà travaillé sur ce type de bâtiment, notamment à
Saint-Pétersbourg avec le théâtre Marinsky II dont
j'ai remporté le concours, c'est la première fois que le
projet va être mené à terme.
Il y a néanmoins un
point commun avec Saint-Pétersbourg puisque les
deux démarches se situent en limite du périmètre
UNESCO. Cela oriente de façon évidente les bâtiments
à construire. Nous avons donc beaucoup travaillé sur
la position du théâtre. Le fait de l'aligner sur l'avenue
et de l'orienter vers le centre historique n'est pas
anodin. J'ai placé l'entrée du théâtre dans cette perspective.
Il y a donc à la fois la dimension symbolique
du bâtiment relié au patrimoine albigeois mais aussi
son inscription dans le quartier.
Quelles sont les spécificités du projet des
Cordeliers ?
Comme architecte, je m'inspire de ce qui existe et
essaye ensuite d'opérer une transformation. Pour les
cinémas par exemple, on y accède par l'Athanor qui a
déjà une affectation culturelle. Il y a aussi bien sûr des
constructions nouvelles, mais nous recherchons toujours
un ancrage, une résonance avec l'environnement
pour une meilleure intégration.
Pour le projet
des Cordeliers, nous avons développé le réseau des
équipements et espaces publics pour qu'ils entrent en
synergie. Ce qui est intéressant dans la démarche, c'est
la révélation d'un véritable quartier à caractère culturel.
Ces aménagements urbains vont offrir en effet aux
Albigeois une diversité d'offres concentrées sur un
même espace. Je n'ai jamais vu cela ailleurs.
Le patrimoine albigeois vous a-t-il inspiré ?
L'intégration du bâtiment dans la ville passe aussi
par le recours à la brique, un module simple qu'on
retrouve de façon décorative à l'extérieur comme à
l'intérieur du bâtiment, y compris dans la salle de
spectacles. La teinte cuivrée de l'enveloppe métallique
qui recouvre les façades en fait aussi écho.
Contrairement à l'architecture traditionnelle d'un
théâtre qui ne se regarde que par la façade principale,
j'ai voulu que la perception du bâtiment soit
différente et multiple selon l'angle dans lequel on
l'appréhende. Par la grande baie vitrée, l'espace
public se prolonge lorsque l'on entre dans le théâtre.
Cela traduit bien une question que je me pose souvent
: comment construire des murs capables de protéger
sans séparer ?
La coupure avec la ville ne s'effectue
qu'au moment où l'on pénètre dans la salle. Avant,
c'est un écrin de coursives, de balcons et de foyers qui
crée une relation inédite entre l'intérieur et l'extérieur,
entre le théâtre et la ville.
Quel a été le parti pris pour cet espace culturel
et des congrès ?
Il y a une dialectique entre la dimension fonctionnelle
du bâtiment - le théâtre sera un outil pour produire
des spectacles - et la dimension scénographique.
Pour la première, l'idée a été d'organiser le théâtre de
la façon la plus simple et la plus fluide. Pour la
deuxième, nous avons travaillé sur la mise en scène
des volumes avec ce tissu métallique, métaphore
d'un grand rideau, qui protège du soleil et des intempéries.
Il donne aussi une forme souple, presque sensuelle
au bâtiment qui, lui, est bien ancré dans le sol.
Cette enveloppe est comme un habit de lumière qui
brille et se voit. Le projet sera vraiment un succès si le
bâtiment devient un point d'arrêt, un lieu de référence
lorsqu'on vit ou on visite Albi.
Il s'agit d'un groupement conjoint constitué de Dominique Perrault Architecture (architecte, urbaniste, aménagements paysagers, mandataire), VP & green Engineering (Bureau d'Etudes Techniques (BET) Structures), Ginger Etco SA (BET fluides), Cabinet RPO (économie de la construction), Changement à vue (scénographe), Jean-Paul Lamoureux (mission acoustique).