Des champignons au parc

Le Conservatoire botanique national des Pyrénées et de Midi-Pyrénées a réalisé au parc Rochegude une étude plutôt insolite : un inventaire exhaustif des espèces de champignons !
Des champignons au parc
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Dans ce parc de quatre hectares, situé en plein centre-ville, la diversité des essences d'arbres (85 variétés) s'avère propice au développement de champignons  
Dix-neuf espèces ont été recensées dont certaines d'un « grand intérêt » d'après le rapport réalisé par des mycologues experts.

Les conifères  forment à leur pied, par exemple, la litière nécessaire à l'apparition de champignons comme le Leugoagaricus croceovelutinus, observé pour la première fois en Midi-Pyrénées.

Répertoriée aussi pour la première fois dans le Tarn, l'amanite écailleuse de Vittadini, reconnaissable par ses verrues coniques qui sont sur son chapeau, est également une espèce assez remarquable. 

Autre champignon profitant de la litière d'un vieil épicéa et découvert dans la prairie à proximité, l'Hydropus scabripes. Pour ce sujet, une observation au microscope a permis de confirmer son identité. Ces trois champignons évoqués ici sont dits sapotrophes, c'est-à-dire qu'ils se nourrissent de matière organique en décomposition. Mais on trouve également des espèces qui poussent en symbiose avec les arbres qui les
abritent sur un principe gagnant-gagnant.

C'est le cas de l'Inocybe grammata dont le mycelium (filaments ramifiés formant un réseau dense dans le sol) est en contact avec les racines des arbres. L'étude a été menée dans le cadre du réseau UrbaFlore, qui vise à aider les collectivités à concilier aménagement territorial et préservation de la biodiversité.

Dans chaque grande aire urbaine, les sites accueillant des plantes rares protégées seront progressivement répertoriés grâce à un effort conjugué de botanistes professionnels et amateurs.