Face à la crise, l'hôtellerie albigeoise s'adapte et prépare l'été

Malgré la crise, le secteur de l'hôtellerie n'a pas baissé les bras et a su s'adapter pour mieux rebondir alors que l'été approche à grands pas, suscitant l'espoir d'un retour progressif à la normale.
Face à la crise, l'hôtellerie albigeoise s'adapte et prépare l'été

L'hôtel des Pasteliers collabore avec des restaurateurs du centre-ville pour le service des repas à ses clients.

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Quand ils n'ont pas purement et simplement fermé, les hôtels ont tourné au ralenti ces derniers mois. En cause, l'absence de la clientèle étrangère, mais aussi la baisse brutale de la clientèle d'affaires et un tourisme général en berne. À Albi, des établissements ont fait preuve d'innovation pour maintenir l'activité. À l'hôtel Saint-Antoine, par exemple, l'aménagement de kitchenettes dans cinq chambres a permis de proposer à la clientèle une offre plutôt bienvenue dans le contexte actuel.

« Nous y réfléchissions depuis longtemps et la crise sanitaire nous a incités à engager les travaux avant la saison estivale », explique Caroline Rieux, directrice de l'établissement. « Avec la Covid, nous avons dû réduire la voilure en attendant des jours meilleurs et le retour des touristes étrangers qui représentaient jusqu'à 70% de notre clientèle.

 

Des chambres équipées de kitchenettes de l'hôtel Saint-Antoine ont été progressivement ouvertes à la réservation ces dernières semaines.

 

Nous restons une entreprise familiale et il nous a donc fallu nous réinventer, tout en garantissant aux clients un respect strict des protocoles sanitaires. L'installation de kitchenettes répondait à une demande notamment des entreprises tarnaises dont les collaborateurs extérieurs ont besoin de trouver un logement équipé. Pour nous, cela a été aussi une manière de riposter à la concurrence des plateformes de location de logements en ligne.

Nous avons commencé par restructurer les chambres qui disposaient de plus de vingt mètres carrés, mais nous n'excluons pas de le faire dans d'autres ultérieurement. »

Une solidarité entre hôteliers et restaurants

À quelques pas de la cathédrale, l'hôtel des Pasteliers a lui aussi adapté son fonctionnement. « C'est un moment difficile à passer, mais nous avons pu bénéficier d'aides pour rester à flot, tout en restant attentifs au personnel et aux charges courantes », note le gérant Stéphane Giacometti. En attendant le retour à la normale, l'hôtel en a profité l'année dernière pour rénover les parties communes et entreprendre dans la foulée la réfection de chambres et de salles de bains. « Nous avons aussi investi dans du matériel permettant de garantir aux clients une désinfection optimale de la chambre en complément du ménage traditionnel. Ce sont des investissements que nous ne regrettons pas. »

 

L'hôtel Saint Antoine a profité de ces derniers mois pour rénover les chambres.

 

Pour assurer les repas, l'hôtel a pu compter sur de nombreux restaurateurs qui préparent des plats sur commande. Une véritable relation de confiance s'est établie avec eux, les clients pouvant dîner en chambre et réchauffer les plats livrés.

« Nous sommes prêts pour la reprise et pour l'été qui devrait être aussi bon que celui de l'année dernière. Les Français auront à nouveau goût à redécouvrir leur pays. J'ai juste un peu d'inquiétude sur l'automne. Il faut espérer que des événements forts à Albi comme dans le Tarn attirent les visiteurs pour compenser la baisse du tourisme international. »

« Si la Ville d'Albi continue bien sûr de soutenir voire d'organiser des temps forts pendant la période estivale et les fêtes de fin d’année, nous réfléchissons aussi à des événements plus ponctuels pour les périodes intermédiaires », confirme Mathieu Vidal, adjoint au maire délégué au tourisme et au commerce.

Des concepts expérimentés

De l'autre côté du Pont Neuf, l'hôtel Mercure, qui avait réalisé ces dernières années d'importants travaux de rénovation, a subi lui aussi de plein fouet la crise, mais a su faire preuve de réactivité. « Nous avons d'abord privilégié la rotation du personnel et réorganisé le fonctionnement de l'hôtel selon un plan d'activité réduit », indique Renaud Jeanne, le directeur. « Nous avons par ailleurs été le premier établissement à être labellisé ''AllSafe'', qui certifie le suivi d'un protocole sanitaire reconnu par le groupe Accor et Bureau Véritas. »

L'hôtel Mercure a engagé un virage numérique pour développer de nouvelles prestations. Ici, une chambre réaménagée en bureau connecté pour des clients affaires qui souhaitent travailler dans des conditions optimales.

 

Pour diversifier les prestations, une chambre a été réaménagée en bureau tout équipé et peut être louée en journée pour des personnes recherchant un espace de télétravail.La salle de réunion a été, dans le même esprit, dotée de matériel de visio pour accueillir des séminaires, formations ou réunions de travail.

Côté restauration, l'hôtel a assuré le service de repas en chambre, proposant même pour certaines occasions, comme la Saint-Valentin, un nouveau concept de réservation de deux chambres, l'une pour la nuit, l'autre réservée pour le repas. Quant à l'été à venir, le Mercure se prépare activement malgré encore des incertitudes. « Reste à savoir comment l'activité va redémarrer et à quelles conditions », s'interroge Renaud Jeanne. « Les règles du jeu ne sont pas encore très claires, ce qui pose des problèmes en termes d'emploi de saisonniers et la gestion des congés. »

Il ne faudra sans doute pas compter sur le tourisme étranger cet été et sur les groupes cet automne, mais plutôt espérer un retour à la normale progressif en 2022 voire 2023.

« Soyons optimistes quant au redémarrage du tourisme dès cet été, même si cela se fera sûrement sur des modalités un peu différentes des conditions habituelles », conclut Mathieu Vidal. « Nous partageons l’impatience des acteurs du tourisme albigeois, dont les hébergeurs, restaurateurs et cafetiers, mais aussi les commerçants, pour une reprise rapide de l’activité touristique. »