Le doyen albigeois de course à pied proche d'un record

Il est à la course à pied ce que Robert Marchand est au vélo. Bon pied, bon oeil, Michel Granizo, 82 ans, devait participer à sa 1000ème course cette année.
Le doyen albigeois de course à pied proche d'un record
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Cette année, Michel Granizo avait programmé une trentaine de courses (27 en 2019). Il a dû revoir ses plans avec la crise sanitaire… Il ne battra donc pas son record de 1998, où il avait réalisé l'exploit de s'inscrire à 74 courses soit plus d'une par semaine ! Méticuleusement, il note dans un cahier toutes les courses passées et à venir. « J'ai fait le total : j'ai parcouru depuis 1994 plus de 12 000 kms en compétition sans compter les entraînements qui représentent à eux seuls environ 38 000 kms, soit plus de 50 000 kms au total ! »

Parmi les prochaines courses, Michel avait prévu d'être sur la ligne de départ de l'Albi Run Urbain et du Marathon d'Albi, un rendez-vous qu'il ne manque d'habitude jamais. L'épidémie de coronavirus a obligé le coureur à ranger ses baskets de compétition, même s'il a gardé le rythme en faisant du sport dans son jardin. Après une période de confinement imposée, il a rapidement repris la route. « Je cours aujourd'hui essentiellement dans le Tarn », précise-t-il.

« J'ai toujours le goût du défi : je n'aime pas être le dernier de ma catégorie ! J'ai ma technique pendant la course : d'abord un démarrage plutôt sportif, ensuite j'opte pour un rythme plus tranquille et je finis par un sprint. La dernière fois, j'ai entendu quelqu'un dire : le vieux, il bombe ! »

Sa première course… à 58 ans, l'histoire de cet athlète hors du commun débute en réalité assez tardivement. Après une trentaine d'années au fond de la mine à Cagnac et Carmaux - il conduit le train et gère le télésiège - il se met à la course à pied à l'âge de 58 ans (preuve qu'il n'y a pas d'âge pour se remettre au sport !). Quand beaucoup lèvent le pied, lui enchaîne les compétitions. « J'avais pratiqué le foot, le rugby et le basket quand j'étais jeune, puis j'avais arrêté à mon mariage. »

« Aujourd'hui, la course à pied est devenue plus qu'une passion, c'est une drogue ! J'aime l'ambiance lors des compétitions, j'y retrouve des connaissances et cela me change les idées. » De ces différentes courses, il conserve avec l'âme d'un collectionneur plus de 750 coupes que l'on peut voir alignées sur des étagères dans son garage. « C'est un peu mon musée ; à chaque course,
j'en ramène une ! » Avec une tension de jeune homme et le feu vert de son médecin, Michel Granizo garde le rythme avec une moyenne de 10 km/h pendant les courses. « Je m'entraîne deux jours par semaine à raison de 20 kms par séance », dit-il en montrant ses deux paires de baskets, l'une pour les courses, l'autre pour les trails. Et de rajouter avec humour en narguant le temps qui file : « Parfois, je passe devant le cimetière et je me dis : le studio nous attend ! » Sur ce point, notre coureur n'est pas pressé.