Qui est Lapérouse, navigateur Albigeois ?

Le 23 août 1741, naissait à Albi celui que louis XVI allait choisir quelques années plus tard pour conduire la plus grande expédition maritime de tous les temps : Jean-François de Galaup, comte de Lapérouse.
Qui est Lapérouse, navigateur Albigeois ?

Un solide officier de la Marine royale

Entré à l’école des gardes de Marine en 1756, il participe comme officier de la Marine royale à la guerre de Sept ans, sert dans l’Océan Indien entre 1772 et 1777, où il fait un passage par La Réunion, avant de participer à la Guerre d’indépendance des États-Unis dans laquelle la France s’est engagée en 1778. Il gagne progressivement ses galons, et se voit promu Capitaine de vaisseau en 1781. La même année, il commande l’Astrée aux côtés de la célèbre Hermione avec laquelle il met en déroute un convoi britannique (bataille de Louisbourg).

En 1782, il est à la tête d’une expédition en Baie d’Hudson destinée à détruire deux forts anglais. Menée dans des mers peu cartographiées et des conditions climatiques difficiles, elle s’avère décisive pour sa carrière, car Lapérouse s’y illustre par son sens naval, mais aussi par l’humanisme dont il fait preuve à l’égard des prisonniers.

À la suite de cet épisode, il apparaît comme l’un des plus audacieux et des plus compétents capitaines de vaisseaux de la Royale et s’attire les faveurs de Louis XVI, qui le choisit pour mener la plus grande expédition maritime de découverte de tous les temps. Il a alors 44 ans et une expérience maritime de 28 ans.

Portrait de Lapérouse, médiathèque d’agglomération Pierre-Amalric © Ville d’Albi

La plus grande expédition maritime autour du monde jamais organisée

Sa mission ? Conduire cette expédition maritime autour du monde pour compléter les découvertes des trois voyages de James Cook et ceux qui l’ont précédé. Lapérouse a repoussé les frontières du monde connu et a enrichi la connaissance en matière d'astronomie, de géographie, de navigation, d'histoire naturelle ou encore d'anthropologie.

Le 1er août 1785, la Boussole et l’Astrolabe quittent Brest pour sillonner les mers, avec à leur bord plus de 200 personnes, parmi lesquelles les meilleurs marins, officiers et savants de l’époque (astronomes, botanistes, naturalistes, médecins, horlogers...). Commence alors un long voyage par le Cap Horn, le Chili, l’Île de Pâques, Hawaï, l’Alaska, la Chine, les Philippines, la Sibérie, l’Australie…

Trois ans plus tard, les équipages quittent l’Australie pour entamer le voyage de retour, mais l’expédition s’achève une nuit de tempête de 1788, par le naufrage de la Boussole et l’Astrolabe sur les récifs de Vanikoro (archipel des îles Salomon), dans le Pacifique Sud.

Malgré la Révolution qui éclate l’année suivante, l’opinion s’inquiète très vite du sort des marins et se passionne pour ce que l’on appelle déjà le « mystère Lapérouse ».

Louis XVI donnant ses instructions à Lapérouse, le 29 juin 1785 avant d’entamer son périple Nicolas-André MONSIAU (1754-1837) - 1817, Château de Versailles © RMN.

 

Avez-vous des nouvelles de Monsieur de Lapérouse ?

La légende veut que le Roi Louis XVI s’enquit du sort du navigateur, Jean-François de Galaup, comte de Lapérouse, quelques moments avant de se faire exécuter par les révolutionnaires français. Le Roi avait en effet participé activement aux préparatifs de l’expédition scientifique menée par Lapérouse.

En 1791, l’Assemblée constituante envoie une mission de recherche conduite par l’amiral d’Entrecasteaux, mais elle passe au large de Vanikoro sans s’y arrêter. En 1827, le capitaine irlandais Peter Dillon découvre les premiers indices du naufrage sur l’île voisine de Tikopia ; Jules Dumont d’Urville, qui conduit une expédition commandée par Charles X, arrive quelques semaines plus tard et découvre l’épave de l’Astrolabe.

L’épave de la Boussole ne sera quant à elle découverte qu’en 1962 par un plongeur néo-zélandais. Plusieurs campagnes ont lieu dans les années 1950-1960 à Vanikoro, mais il faut attendre les expéditions archéologiques conduites conjointement par le DRASSM, l’association Salomon et la Marine nationale, entre 1981 et 2008, pour comprendre les circonstances du naufrage et découvrir l’existence d’un camp de survivants.

 

Expédition Lapérouse 2005 © Photos C.Grondin Ass. Salomon

 

Pour autant, le naufrage n’a pas encore livré tous ses secrets…

Cette aventure est unique et extraordinaire entre toutes les grandes circumnavigations de notre histoire. Elle demeure la seule qui, 236 ans après son départ de Brest en 1785, continue de passionner grand public et chercheurs, autour du mystère de son épilogue.

 

Le monument Lapérouse

Les découvertes menées à Vanikoro ont permis de remonter plusieurs centaines d'objets provenant des épaves. Un certain nombre est conservé au musée Lapérouse d'Albi et quelques-uns sont visibles au pied de la statue inaugurée à Albi en 1853.

En 1828, une ancre est rapportée par Jules Dumont Durville. Deux canons et trois ancres de l'Astrolabe sont également remontés à la surface par le Lieutenant de Vaisseau Bénier en 1883 à la demande de Pallu de La Barrière, gouverneur de la Nouvelle-Calédonie, qui l'avait envoyé à Vanikoro pour recueillir des objets du naufrage. Ces pièces arrivent en 1884 à Albi et sont installées à côté de l'ancre déjà rapportée.

Une plaque sur le piédestal indique également la présence des ossements de marins inconnus retrouvés sur la faille où repose la Boussole. Ces fragments de squelettes ont été découverts en 1986 lors d'une expédition organisée par Alain Conan et placés au pied de la statue.

La Ville d’Albi a décidé de procéder à la restauration du monument Lapérouse car il présente des fragilités et des altérations diverses récemment confirmées par une étude menée par un cabinet spécialisé.

Comme ce fut le cas à l’époque de la réalisation de la statue, la Ville a souhaité qu’une souscription publique soit lancée pour contribuer au financement de la restauration.

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